La querelle du PPE avec les libéraux allemands s’intensifie après le vote contre Ursula von der Leyen
La décision du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) de s’opposer à un second mandat d’Ursula von der Leyen a suscité la colère du Parti populaire européen (PPE) de la présidente, cette dernière ayant « désespérément » tenté d’obtenir le soutien des libéraux allemands avant le vote.
La décision du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) de s’opposer à un second mandat d’Ursula von der Leyen a suscité la colère du Parti populaire européen (PPE) de la présidente, cette dernière ayant « désespérément » tenté d’obtenir le soutien des libéraux allemands avant le vote.
Alors que le groupe libéral Renew Europe dont le FDP fait partie a en grande partie soutenu Mme von der Leyen, les cinq eurodéputés du FDP ont annoncé peu avant le vote de confirmation de la reconduction de la présidente sortante au Parlement européen jeudi (18 juillet) qu’ils ne la soutiendraient pas car cette dernière n’avait pas exclu l’idée d’une nouvelle dette commune de l’UE.
Leur compatriote allemande a fini par obtenir une majorité suffisante pour être réélue, mais la décision du FDP a augmenté le risque de défaite — l’issue du vote étant restée incertaine jusqu’à la dernière minute.
Cette décision n’a pas été bien accueillie par le PPE, comme l’a indiqué Daniel Caspary, chef de la délégation de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU, PPE) de Mme von der Leyen au Parlement européen, qui a confié à Euractiv que le vote du FDP « n’est rien d’autre qu’embarrassant ».
« Le message à passer était celui de la stabilité […] Ceux qui n’ont pas soutenu Ursula von der Leyen, comme la candidate principale du FDP, Marie-Agnes Strack-Zimmermann, les populistes de droite et la gauche, ne rendent pas service à notre démocratie parlementaire », a fustigé Angelika Niebler, cheffe de délégation du parti frère de la CDU, l’Union chrétienne-démocrate de Bavière (CSU, PPE), à Euractiv.
De nombreux autres collègues du PPE ont également exprimé leur colère sur les réseaux sociaux.
Cet évènement a marqué une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre les deux partis après que le FDP a fait campagne contre Mme von der Leyen avant les élections européennes de juin. Les libéraux allemands l’accusaient alors d’être responsable de la bureaucratie excessive, d’avoir tué le moteur à combustion interne et de ne pas avoir exclu l’idée de dette commune européenne.
Appels « désespérés »
Après les élections européenne, la nouvelle cheffe de la délégation du FDP, Marie-Agnès Strack-Zimmermann, a écrit à la présidente de la Commission pour lui demander de soutenir plusieurs demandes du FDP. Des demandes qui sont toutefois restées sans réponse.
« C’est un vrai manque de respect de la part de l’équipe de Mme von der Leyen de ne pas répondre à nos questions ou à notre lettre, et d’essayer désespérément de me joindre au moment où notre vote est rendu public », a écrit Mme Strack-Zimmermann sur X.
La cheffe de délégation n’a pas répondu, ce qui a poussé l’équipe de Mme von der Leyen à lui envoyer « des extraits de la déclaration de ce matin par SMS sans commentaire », a indiqué une source proche du FDP à Euractiv.
Le porte-parole de la présidente de l’exécutif n’a pas souhaité commenter ces informations.
Après le vote parlementaire de jeudi, la confiance entre les délégations allemandes du PPE et la nouvelle cheffe de file du FDP et ses cinq eurodéputés semble avoir été mise à mal, bien que les deux partis collaborent fréquemment au niveau national.
Selon l’eurodéputé CDU Dennis Radtke, le PPE pourrait ne pas soutenir la candidature de Mme Strack-Zimmermann à la présidence de la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen.
M. Caspary a également critiqué Mme Strack-Zimmermann, dont le parti est, selon lui, « isolé dans son groupe libéral [Renew] ».
Le FDP devra « se battre au sein même des rangs de son groupe pour être pris au sérieux », a-t-il ajouté.
La plupart des délégations de Renew ont voté pour Mme von der Leyen après de longues négociations, et sa cheffe de file française, Valérie Hayer (Ensemble), a été l’une des premières à féliciter la présidente.
Au cours de la précédente législature, le FDP s’est souvent heurté à la majorité du groupe Renew sur des sujets clés tels que la protection du climat, où il était favorable à une approche consistant à laisser faire.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]