La réforme des OGM toujours bloquée par la France et ses alliés

Sans surprise, une minorité d’État a envoyé aux oubliettes une proposition de la présidence danoise de l’UE sur l’épineux dossier de l’autorisation de mise en culture des OGM.

EURACTIV.fr
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Sans surprise, une minorité d’État a envoyé aux oubliettes une proposition de la présidence danoise de l’UE sur l’épineux dossier de l’autorisation de mise en culture des OGM.

La question des organismes génétiquement modifiés empoisonne les relations entre les États et la Commission depuis une dizaine d’années. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Lundi 11 juin, pour une énième fois, un petit groupe de pays incluant la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique ont rejeté le projet de compromis proposé par la présidence tournante de l’UE. 

« Nous avons pratiquement tout tenté, mais nous avons échoué », a reconnu Ida Auken, la ministre danoise en charge du dossier à l’issue du conseil des ministres de l’Environnement à Luxembourg. 

Le texte proposé par Copenhague permettait à un État d’obtenir par dérogation le droit d’interdire la culture d’un OGM. Pour y parvenir, le pays devait conclure un accord avec l’entreprise qui demandait l’autorisation de le cultiver en Europe afin qu’elle renonce à le faire sur son territoire.

>>> Pour en savoir plus, lire : « L’imbroglio européen des OGM »

Ce rejet n’a rien de surprenant. En mars dernier, le projet avait déjà été repoussé par les mêmes États.

>>> Lire : « Les OGM continuent de semer la discordre à Bruxelles »

Malgré le changement de gouvernement, la position française n’a pas bougé. La nouvelle ministre de l’Environnement, Nicole Bricq a réaffirmé l’opposition de la France à ce projet de mécanisme d’autorisation et demande toujours plus de garanties sur la solidité juridique des interdictions de culture décidées au niveau national. 

En mai dernier, l’agence européenne de sécurité des aliments (Efssa) a, une nouvelle fois, retoqué le moratoire français déposé en mars 2012 par le gouvernement de François Fillon. 

>>> Lire : « L’interdiction de culture du maïs MON810 retoquée »

Les ONG de défense de l’environnement ont toujours rejeté ce système qui, selon elles, donnait trop de poids aux lobbys privés. 

La future présidence chypriote, qui prendra le relais du Danemark à partir du 1er juillet, va donc hériter de la patate chaude mais il est peu probable que les positions de chacun évoluent, d’autant plus que Nicosie n’en a pas fait l’une de ses priorités.