La régionalisation du fonds agricole rural inquiète

Pour le vice-Président de la Société des Agriculteurs de France, la régionalisation de la gestion du Fonds européen agricole de développement rural pourrait entrainer des distorsions de concurrence.

EURACTIV.fr

Pour le vice-Président de la Société des Agriculteurs de France, la régionalisation de la gestion du Fonds européen agricole de développement rural pourrait entrainer des distorsions de concurrence.

La décentralisation des fonds européens inquiète les agriculteurs. Le dernier édito de la société des Agriculteurs de France, rédigé par son vice-président Charles Meaudre, soulève une interrogation qui se fait de plus en plus pressante dans la profession : Que va-t-il advenir du Fonds européen agricole de développement rural (Feader) ?

Le chef de l’Etat a décidé de confier la gestion des fonds européens aux régions à partir du 1er janvier 2014. Le Feader est donc concerné. 

Or, selon M. Meaudre, une telle mesure pourrait créer une distorsion de concurrence entre les agriculteurs en fonction de leur lieu d’installation. Certaines régions disposent de plus de moyens que d’autres. « Les entreprises agricoles évoluent dans plusieurs territoires économiques, juridiques, administratifs qui guident profondément leurs stratégies », précise-t-il. 

Les inquiétudes de la société des agriculteurs de France rejoignent celles du principal syndicat agricole, la FNSEA. En septembre, le ministre de l’Agriculture a cherché à rassurer les professionnels. Lors d’une réunion le 7 septembre sur la réforme de la politique agricole commune, Stéphane Le Foll les a assurés du maintien d’une « cohérence nationale ». 

Réforme de la PAC: Stéphane Le Foll se jette à l’eau

Plus largement l’ensemble de la réforme de la PAC sucite la méfiance. « La politique agricole, qu’on entrevoit déjà, au travers des discussions actuelles à Bruxelles, de moins en moins commune et de moins en moins européenne, prend clairement le virage régional », craint Charles Meaudre. 
 
Christophe Büren, également vice-président du think tank agricole, dressait un constat similaire le 7 décembre. « Nous aurions donc une PAC plus hétérogène avec plus de subsidiarité, mais aussi plus complexe pour les agriculteurs avec moins de budget. »