La « révolution verte » de l’Allemagne coûterait mille milliards d’euros
La transition de l’Allemagne vers les énergies renouvelables pourrait coûter jusqu’à mille milliards d’euros au cours des deux prochaines décennies, a déclaré le ministre de l’environnement mercredi (20 février). Il renforce ainsi la pression sur ses détracteurs afin qu’ils soutiennent les projets de limitation des hausses du prix du carbone avant les élections.
La transition de l’Allemagne vers les énergies renouvelables pourrait coûter jusqu’à mille milliards d’euros au cours des deux prochaines décennies, a déclaré le ministre de l’environnement mercredi (20 février). Il renforce ainsi la pression sur ses détracteurs afin qu’ils soutiennent les projets de limitation des hausses du prix du carbone avant les élections.
Gardant un oeil sur les élections de septembre, Peter Altmaier, l'un des ministres conservateurs les plus fidèles de la chancelière Angela Merkel, a exposé des projets de limitation des subventions accordées à l'énergie renouvelable, qui ont alourdi les factures d'électricité des consommateurs.
Ces projets pourraient toutefois être voués à l'échec, car les sociaux-démocrates (SPD) et le Parti des verts, tous deux dans l'opposition, ont émis des réserves et seraient susceptibles de bloquer la législation au Bundesrat, la chambre haute du Parlement allemand.
« Les coûts de notre réforme de l'énergie et de la restructuration de l'approvisionnement énergétique pourraient s'élever à environ mille milliards d'euros d'ici la fin des années 2030 », a déclaré M. Altmaier au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung.
« C'est peut-être notre dernière grande occasion de poser les bonnes bases afin que cela devienne un succès. Cela signifie que la transition énergétique doit se justifier d’un point de vue économique et être abordable. »
Peu après la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, Angela Merkel a annoncé une accélération du démantèlement progressif des centrales nucléaires et a proposé des objectifs ambitieux en matière d’énergie verte. Les énergies renouvelables devraient représenter 35 % de l'énergie allemande d'ici 2020 et 80 % d'ici 2050.
Des subventions élevées ont stimulé l'énergie solaire allemande et, dans une certaine mesure, l'énergie éolienne. Elles ont cependant été en partie financées par un supplément imposé aux ménages. Plusieurs entreprises ont prévenu qu'en conséquence, elles pourraient devenir moins compétitives sur les marchés mondiaux.
Afin que l'énergie reste abordable, M. Altmaier souhaite limiter les hausses des subventions pour les énergies renouvelables pendant deux ans et suspendre les tarifs de rachat des nouvelles installations en vue d'économiser 300 milliards d'euros. Les entreprises énergivores, en grande partie exemptes de surtaxes, devraient peut-être y contribuer également.
Les libéraux-démocrates (FDP), partenaires de coalition de la chancelière, ont soutenu le projet de Peter Altmaier la semaine dernière, malgré certaines critiques au départ.
Les négociants surveillent de près
Les négociants d'énergie et de carbone surveillent les évolutions de près. L'organisation allemande des entreprises énergivores (EID), qui comprend celles du secteur chimique et sidérurgique, a attaqué les projets.
« Les personnalités politiques veulent faire de la limitation de la surtaxe sur l'énergie renouvelable une réalité en reportant le poids sur les entreprises les plus énergivores », a déclaré Utz Tillmann, le porte-parole d'EID.
Ce secteur devrait contribuer en grande partie aux 700 millions d'euros prévus par an, a?t?il ajouté.
« Nous avons besoin d’un frein qui limitera les coûts de l'énergie à long terme pour tous les consommateurs », a-t-il poursuivi.
Peter Altmaier a déclaré la semaine dernière qu'il tenterait d’obtenir un accord en mars avec les 16 États fédéraux d'Allemagne, dont le soutien est nécessaire afin de transférer une loi au Bundesrat. Le SPD et le Parti des verts ont rejeté ces projets jusqu'à présent.