La Roumanie dénonce un risque pour la sécurité nationale lié à la vente d'une entreprise énergétique à la Hongrie

Le ministère roumain de l’Énergie a mis en garde contre un risque pour la sécurité nationale lié à la vente potentielle du fournisseur d’énergie local E.ON au groupe hongrois MVM, en raison de ses liens avec la Russie.

EURACTIV.com
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Le ministère craint que, si la vente se réalise, la Russie puisse avoir accès aux informations détenues par E.ON. [EPA-EFE/Robert Ghement]

Le ministère roumain de l’Énergie a mis en garde contre un risque pour la sécurité nationale lié à la vente potentielle du fournisseur d’énergie local E.ON au groupe hongrois MVM, en raison de ses liens avec la Russie.

E.ON Energie Romania est l’un des plus grands fournisseurs de gaz et d’électricité de l’Union européenne (UE), comptant environ 3,4 millions de clients. Le groupe MVM est le principal fournisseur d’énergie en Hongrie, une entreprise détenue à 100 % par l’État, qui se classe au sixième rang en Europe centrale. L’entreprise souhaite acquérir la division de fourniture de gaz et d’électricité de l’entreprise roumaine.

D’après les médias, le ministère roumain de l’Énergie a indiqué qu’à l’issue d’une analyse rigoureuse, il avait identifié de multiples risques susceptibles d’impacter la sécurité nationale roumaine.

Il a donc alerté la Commission d’examen des investissements directs étrangers, qui comprend des représentants des services secrets roumains et dispose du droit d’opposer son veto à la transaction.

En ce qui concerne ses liens avec la Russie, le ministère de l’Énergie a déclaré que MVM entretient des relations commerciales étendues avec Gazprom et Rosatom, par le biais desquelles la Hongrie maintient une forte dépendance à l’égard de la Russie pour le gaz naturel et la technologie nucléaire.

Un communiqué de presse du ministère indique également que des éléments d’influence décisive, de contrôle occulte, d’influence par dépendance économique et de contrôle effectif ont été identifiés au sein de l’entreprise hongroise. Parmi les autres risques, figure l’accès à la base de données de l’entreprise — y compris les données personnelles de plus de 3 millions de citoyens de l’UE — à une « entité non européenne ».

En bref, le ministère craint que, si la vente se concrétise, la Russie puisse avoir accès aux informations détenues par E.ON.

Il a également déclaré que le contrat de vente laissait ouverte la possibilité que le fournisseur d’énergie roumain soit vendu ultérieurement à une entité extérieure à l’UE, ce qui pourrait faciliter le transfert indirect du contrôle à des entités économiques ou politiques qui ne respectent pas la législation européenne.

Le ministre de l’Énergie, Sebastian Burduja, a indiqué sur Facebook qu’il avait personnellement fait part de ses préoccupations à la Commission, en soulignant les éléments de risque qu’il avait identifiés dans la transaction.

Ce dernier a réaffirmé que son seul intérêt était de protéger la sécurité, la sûreté et l’indépendance énergétique de la Roumanie, et qu’il continuerait à respecter ces principes dans son rôle de ministre.

Selon Sebastian Burduja, le ministère utilisera tous les leviers juridiques et institutionnels pour veiller à ce que l’énergie produite en Roumanie soit destinée en priorité aux Roumains ou à ceux qui veulent mettre fin au « chantage toxique de l’Est, qui tient l’Europe captive depuis trop longtemps ».