La Russie reprend progressivement l’importation de légumes européens

Un mois après le déclenchement en Allemagne d’une épidémie mortelle due à la bactérie E.coli, la Russie a autorisé les importations de légumes en provenance de six pays européens, tirant apparemment parti d’un récent accord bilatéral lui permettant de considérer le marché européen comme plusieurs pays distincts.

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Un mois après le déclenchement en Allemagne d’une épidémie mortelle due à la bactérie E.coli, la Russie a autorisé les importations de légumes en provenance de six pays européens, tirant apparemment parti d’un récent accord bilatéral lui permettant de considérer le marché européen comme plusieurs pays distincts.

La Russie a autorisé l'importation de légumes provenant de Grèce et de République tchèque hier (11 juillet), sur la base de certificats garantissant leur innocuité.

Moscou avait déjà repris les importations de légumes belges, néerlandais, espagnols et danois.

La Russie avait interdit l'importation de légumes frais en provenance des 27 Etats membres de l'UE le 2 juin, craignant des problèmes sanitaires suite à l'épidémie d'E.coli qui a coûté la vie à au moins 49 personnes. L'UE avait affirmé que l'ampleur de cette interdiction était injustifiée (voir « Contexte »).

Lors d'un sommet Russie-UE le 10 juin, la Russie a accepté de lever cette interdiction à condition de recevoir des certificats de sécurité. La délivrance de ces certificats a pris du temps et certains pays, comme la Pologne, se sont plaints de ne pas avoir pu reprendre leurs livraisons.

Moscou semble tirer parti d'un compromis conclu entre José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et Dmitri Medvedev, le président russe, qui prévoit l'autorisation des importations de légumes européens vers la Russie à condition que des documents certifient leur sécurité.

Lorsque ce compromis a été négocié, la source de l'épidémie n'était pas encore identifiée. Cet accord aurait dû permettre la poursuite des exportations de légumes de l'UE vers la Russie dans le cadre d'un régime de certification. Mais en l'absence de toute menace suite à l'identification de l'origine de la contamination, ce compromis entrave les exportations de légumes vers le pays de Pouchkine.

En outre, cet accord donne à Moscou l'opportunité de considérer le marché unique de l'UE comme plusieurs pays distincts, ce qui réduit le commerce à un instrument de politiques de pouvoir.

Dans une récente déclaration, le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, a mis en relation la gestion russe de la controverse sur l'E.coli et la candidature du pays à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Ce que font les Russes est totalement inacceptable », a-t-il déclaré, cité par Reuters.

Il y a peu, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a fait état de l'ambition de la Russie à rejoindre l'OMC d'ici la fin de l'année, avant la tenue des élections présidentielles prévues pour mars 2012. Il a toutefois également évoqué un vote au Congrès en rapport avec cette candidature, qui vise à mettre en place des « relations commerciales normales avec la Russie ».

La « normalisation » des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Russie implique la levée de l'amendement Jackson-Vanik qui date de la guerre froide. Cet amendement était une réponse à une « taxe de diplôme » de l'époque soviétique imposée aux Juifs qui souhaitaient émigrer vers la Russie.