La Serbie accueillie sur le chemin de l'intégration européenne à la veille de l'indépendance du Koso

Les dirigeants européens ont chaleureusement applaudi la réélection du président serbe pro-européen Boris Tadic, mais les relations entre l'Union et son voisin des Balkans restent tendues face à la perspective de l'indépendance du Kosovo.

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Les dirigeants européens ont chaleureusement applaudi la réélection du président serbe pro-européen Boris Tadic, mais les relations entre l’Union et son voisin des Balkans restent tendues face à la perspective de l’indépendance du Kosovo.

Alors que les dirigeants européens se réjouissent de la victoire de M. Tadic, les analystes soulignent que l’issue du scrutin aurait pu être radicalement différente.

La victoire du responsable politique pro-européen, à peine supérieure de trois points de pourcentage au score de M. Nikolic, révèle une profonde division de l’opinion publique serbe quant à savoir où réside l’avenir du pays – à l’Est auprès de la Russie, son principal partenaire commercial, ou à l’Ouest auprès de l’UE. « C’est en fait et de très loin, la faute des Européens » a déclaré Armando Garcia-Schmidt, chef de projet pour l’Europe du Sud-Est pour la Fondation Bertelsmann à EURACTIV.

Il estime que l’absence de stratégie cohérente de l’Europe envers les Balkans « donne lieu à toute une série d’opportunités manquées » et implique que la seule solution pour l’UE sera d’« espérer que les choses s’arrangent dans cette région ».

Les désaccords du public au sein de l’UE à la veille des élections (concernant les liens de l’Union avec la Serbie et le futur statut de la province séparatiste du pays, le Kosovo) n’ont pas permis à l’Union d’envoyer un message clair et uni à Belgrade.

Tandis que certains membres de l’UE souhaitaient encourager les électeurs serbes à soutenir le candidat pro-européen, M. Tadic, en accélérant la progression du pays vers l’adhésion à l’UE, d’autres, comme la Belgique et les Pays-Bas, ont insisté pour que la signature de l’accord de stabilisation et d’association, considéré comme une première étape vers le statut de pays candidat, soit reportée jusqu’à ce que le pays coopère pleinement avec le Tribunal pénal international de La Haye en procédant à l’extradition des criminels de guerre (EURACTIV 29/01/08).

« Le résultat était une proposition vieillie et dépassée qui reste irrésolue même en ce qui concerne le simple fait de faciliter l’obtention d’un visa, et par conséquent, d’accorder l’immunité aux opposants des pro-européens de Serbie », a déclaré M. Garcia-Schmidt.

La réélection de M. Tadic ne semble pas avoir clarifié la situation pour l’UE. Même si, avec cet homme au pouvoir, il devrait s’avérer plus facile d’éviter toute surenchère concernant l’imminente déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, il n’existe encore aucun accord sur la façon dont les Etats membres traiteront avec la province après la séparation (EURACTIV 10/09/07). 

Le 31 janvier, la Roumanie et Chypre ont annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas une déclaration unilatérale d’indépendance par le Kosovo. A l’instar d’autres pays comme l’Espagne, la Grèce et la Slovaquie, ils craignent en effet que cette initiative ne constitue un précédent pour d’autres mouvements séparatistes.

Chypre, petite île elle-même divisée, a également refusé de soutenir une mission européenne de police et de justice au Kosovo, à laquelle la Serbie est opposée (EURACTIV 14/01/08). 

La mission a néanmoins reçu l’aval préliminaire des ministres le 4 février, car Chypre a utilisé le mécanisme d’abstention constructive, ce qui implique que Nicosie ne participera pas à la mission, mais ne la bloquera pas non plus.

Reste encore à décider quand la mission de 1 800 hommes, qui prendra la relève des casques bleus de l’ONU, sera déployée. Les membres européens attendent toujours l’autorisation formelle du Conseil de sécurité des Nations unies, mais étant donné l’opposition de la Russie à l’indépendance du Kosovo, il est peu probable qu’ils l’obtiennent dans un futur proche.

Selon Garcia-Schmidt, « les Européens devront aussi croiser les doigts pour que la situation s’arrange après la déclaration d’indépendance du Kosovo ».