La Serbie ne peut pas adhérer à l’UE tant qu’elle ne protège pas la communauté LGBTQ

La Serbie ne peut pas faire partie de l’Union européenne si elle refuse systématiquement de promulguer des lois qui protègent les droits de la communauté LGBTQIA+, a confié à EURACTIV le directeur de la Pride de Belgrade.

EURACTIV Serbie
Conférence de presse des militants de l’EuroPride après l’interdiction de la marche
Comme l’a expliqué à EURACTIV le directeur de la Belgrade Pride, Goran Miletić, le slogan de la Pride « We are not even close » (« Nous sommes loin du but ») est un message envoyé non seulement à la communauté LGBTQIA+ et au public, mais surtout aux autorités du pays. [EPA-EFE/ANDREJ CUKIC]

La Serbie ne peut pas faire partie de l’Union européenne si elle refuse systématiquement de promulguer des lois qui protègent les droits de la communauté LGBTQIA+, a confié à EURACTIV le directeur de la Marche des Fiertés (Pride) de Belgrade.

Samedi (9 septembre), Belgrade a accueilli la Pride, mais les agressions physiques, les incitations à la haine, les discriminations et les restrictions font partie de la vie quotidienne de la communauté LGBTQIA+ dans le pays, ce qui ne peut pas être ignoré.

Entre 10 000 et 15 000 personnes ont participé à la marche, considérée comme la plus importante ayant eu lieu à ce jour en Serbie. Quelques personnes ont été arrêtées pour des motifs inconnus, mais aucun incident plus important n’a été signalé.

Comme l’a expliqué à EURACTIV le directeur de la Belgrade Pride, Goran Miletić, le slogan de la Pride « We are not even close » (« Nous sommes loin du but ») est un message envoyé non seulement à la communauté LGBTQIA+ et au public, mais surtout aux autorités du pays.

« Ce message les exhorte à satisfaire enfin les demandes qui ont souvent été reconnues dans les plans d’action des ministères concernés. »

Le respect des droits de la communauté LGBTQIA+ est relativement faible en Serbie, prévient M. Miletić. Cela pourrait selon lui compromettre l’adhésion de la Serbie à l’Union.

« La Serbie ne peut pas faire partie de l’UE si elle refuse systématiquement de promulguer des lois qui représentent une obligation internationale découlant des arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme », explique-t-il.

Le médiateur serbe Zoran Pašalić a déclaré à EURACTIV que ces dernières années, la Serbie avait amélioré la protection systématique des individus de la communauté LGBTQIA+ grâce à des amendements apportés à plusieurs actes législatifs.

« Une étape importante dans la protection des individus LGBTQ+ a été franchie en 2021 grâce à des amendements à la loi sur l’égalité entre les sexes et à la loi sur l’interdiction de la discrimination », a-t-il affirmé.

Le ministère compétent en la matière a déclaré que les autorités pourraient créer un environnement plus inclusif pour les personnes LGBTQIA+ en Serbie en se penchant sur les principaux défis et risques.

« Cependant, une réelle amélioration du statut des membres de la communauté LGBTQ+ en Serbie requiert une forme d’engagement beaucoup plus complexe. Il serait significatif de renforcer davantage les mécanismes institutionnels de protection des droits humains, tels que le ministère compétent, les organismes indépendants et le système judiciaire », a-t-il précisé.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]