La Slovénie nomme un dirigeant de centre-droit juste à temps pour le sommet

  Le parlement slovène a assis Janez Janša au poste de premier ministre le 28 janvier, près de deux mois après des élections peu concluantes le 4 décembre. M. Janša, attendu aujourd'hui (30 janvier) au sommet européen, est le 19e chef d'Etat ou de gouvernement à faire partie de la famille PPE dans l'Union des Vingt-Sept.

EURACTIV.fr / Reuters
janez_jansa.jpg
janez_jansa.jpg

 
Le parlement slovène a assis Janez Janša au poste de premier ministre le 28 janvier, près de deux mois après des élections peu concluantes le 4 décembre. M. Janša, attendu aujourd'hui (30 janvier) au sommet européen, est le 19e chef d'Etat ou de gouvernement à faire partie de la famille PPE dans l'Union des Vingt-Sept.

La nouvelle coalition de centre-droit est composée du Parti démocrate slovène (SDS, 26), du Parti populaire slovène (SLS, 6) et de Nouvelle Slovénie (N.Si, 4). Tous trois sont affiliés au Parti populaire européen.  Elle comprend également la Liste civique (DGLV, 8) de Gregor Virant et le Parti démocrate des retraités slovènes (DeSUS, 6).

M. Janša a remporté 51 votes au parlement composé de 90 sièges.

Le nouveau premier ministre dispose de 15 jours pour présenter un gouvernement dont la mission sera de relancer la croissance économique et d'introduire des réformes pour que la notation de crédit du pays ne soit plus dégradée. Il devra cependant affronter un procès pour corruption, ce qui pourrait l'empêcher de diriger le pays s'il était déclaré coupable.

Ce gouvernement devra être approuvé par le parlement, au sein duquel la coalition à cinq partis de M. Janša dispose d'une solide majorité.

M. Janša, également premier ministre de 2004 et à 2008, a promis de faire baisser les impôts, de lutter contre les tracasseries administratives, de réduire le déficit budgétaire, de pallier le resserrement du crédit et de reculer l'âge de la retraite.

« Les premières mesures qui seront prises par ce gouvernement seront la stabilisation des finances publiques […], des décrets pour relancer la croissance économique et créer de l'emploi », a déclaré M. Janša à la presse après le vote. Il a affirmé espérer que le nouveau gouvernement soit approuvé le 10 février prochain.

Le président, Danilo Türk, a déclaré la semaine dernière que M. Janša manquait de légitimité pour ce poste en raison du procès qui a débuté en septembre et dans le cadre duquel lui et quatre autres accusés sont poursuivis pour corruption suite à un accord conclu en 2006 pour l’achat de véhicules blindés finlandais d'une valeur de 278 millions d'euros. M. Janša a nié toute implication.

Ce mois-ci, le parlement a rejeté le candidat de M. Türk pour le poste de premier ministre, Zoran Jankovi? du centre-gauche. Le parti Slovénie positive de M. Jankovi? a récolté le plus de voix lors des élections, mais il n'est pas parvenu à former une coalition qui aurait disposé d'une majorité au parlement (voir « Contexte »).

Le parti SDS de M. Janša a conclu un pacte de coalition avec quatre autres partenaires la semaine dernière. Les cinq partis détiennent 50 sièges sur 90 au parlement.

Dégradation

Vendredi, l'agence de notation de crédit Fitch a dégradé la note de la dette souveraine slovène de deux crans à A, en raison de l'assombrissement de ses perspectives économiques.

Les principales agences de notation de crédit ont dégradé la note de la Slovénie en raison de la crise politique, du manque de réformes et de l'aggravation de la crise de la dette dans la zone euro, plaçant le pays sous surveillance négative. La Slovénie est notée A+ par Standard & Poor's et A1 par Moody's.

La crise politique a débuté en septembre dernier lorsque le parlement a renversé le gouvernement de centre-gauche du premier ministre Borut Pahor suite à des escarmouches au sein de la coalition et à son incapacité à mettre en oeuvre des réformes pour relancer la croissance économique.

« Le nouveau gouvernement n'aura pas la tâche facile en raison de l'austérité budgétaire […] Il est en outre composé de cinq partis très différents », a déclaré à Reuters Meta Rogli?, analyste pour le quotidien Dnevnik.

« Malgré cela, il se pourrait qu'il parvienne à rester au pouvoir pendant les quatre années de mandat, étant donné qu'il est très probable que l'opposition soutienne certaines des principales réformes économiques », a-t-elle expliqué.

Le déficit budgétaire de la Slovénie a atteint 5,5 % du PIB en 2011, alors qu'elle disposait d'un budget à l'équilibre en 2007. Cette évolution est notamment due à des taux d'imposition très bas et à des dépenses publiques élevées.

Jeudi, l'institut macroéconomique du gouvernement a affirmé que la croissance économique slovène ralentirait à 0,2 % cette année, contre 0,5 % en 2011, en raison du recul des exportations et des faibles dépenses nationales.

La Slovénie était le membre de la zone euro qui enregistrait la meilleure croissance en 2007, mais son économie orientée sur les exportations a été méchamment frappée par la crise mondiale et s'est contractée de 8 % en 2009. Des données récentes montrent qu'une autre récession est possible, dans la mesure où l'économie s'est à nouveau contractée de 0,5 % au premier trimestre de 2011.