La Slovénie organisera un référendum sur l’augmentation des dépenses de défense

Le Premier ministre slovène a annoncé vendredi 4 juillet son intention de convoquer un référendum consultatif sur l’augmentation des dépenses de défense de la Slovénie voulue par l’OTAN.

EURACTIV.com
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Le Premier ministre slovène, Robert Golob. [Getty Images/Simona Granati_Corbis]

Le Premier ministre slovène Robert Golob a annoncé vendredi 4 juillet son intention de convoquer un référendum consultatif sur l’augmentation des dépenses de défense de la Slovénie voulue par l’OTAN. Cette décision intervient après un revers inattendu au parlement.

« Il n’y a que deux options : soit nous restons dans l’OTAN et payons notre cotisation, soit nous quittons l’Alliance. Toute autre position n’est qu’un discours populiste destiné à tromper les citoyens slovènes», a déclaré Robert Golob.

Cette initiative intervient après qu’une proposition émanant du parti La Gauche — membre minoritaire de la coalition au pouvoir — a obtenu l’aval du parlement. La motion demandait l’organisation d’un référendum consultatif sur l’augmentation du budget de la défense, et a été adoptée par 46 voix contre 42.

La question soumise au vote populaire porterait sur le projet d’augmenter les dépenses de défense à 3 % du PIB d’ici 2030, soit environ 2,1 milliards d’euros par an.

Le Mouvement de la liberté (libéraux) de Robert Golob s’y est opposé, mais les sociaux-démocrates et La Gauche, également membres de la coalition, ont soutenu l’idée d’un référendum aux côtés de l’opposition conservatrice, révélant des tensions croissantes au sein de la majorité.

Le mécontentement au sujet du budget défense a enflé après que la Slovénie s’est engagée à renforcer ses dépenses militaires lors du sommet de l’OTAN à La Haye il y a deux semaines. Les Alliés s’y sont engagés, à l’exception de l’Espagne, à porter leurs budgets militaires à 3,5 % du PIB, avec 1,5 % supplémentaires consacrés aux infrastructures d’ici 2035.

La Slovénie, qui peine déjà à atteindre le précédent objectif de 2 % du PIB fixé pour 2024, vise désormais ce seuil pour fin 2025. C’est dans ce contexte que Golob justifie son contre-référendum, qu’il présente comme un moyen de « dissiper tout doute quant à la véritable volonté du peuple ».

Le projet de référendum devrait être officiellement présenté cette semaine.

Même si ce référendum resterait consultatif — donc sans valeur contraignante —, l’opposition menée par Janez Janša, chef du Parti démocratique slovène (SDS), a réclamé que le gouvernement lie son sort au résultat du vote. Robert Golob a immédiatement rejeté cette demande.

Janez Janša, allié du Hongrois Viktor Orbán et soutien affiché de Donald Trump, ambitionne un retour au pouvoir lors des prochaines élections législatives prévues en 2026.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]