La Société générale et le Crédit agricole rétrogradés par Moody’s

L’exposition à la Grèce et l’ampleur du soutien public en cas de crise grave sont les facteurs principaux pris en compte par l’agence américaine.

EURACTIV.fr

L’exposition à la Grèce et l’ampleur du soutien public en cas de crise grave sont les facteurs principaux pris en compte par l’agence américaine.

Après les États viennent les banques. Le 13 septembre, Moody’s a annoncé avoir dégradé les notes de la Société générale et du Crédit agricole. « Ce n’est pas une surprise pour les marchés », a déclaré d’emblée Jean-Pierre Jouyet, le président de l’Autorité des marchés financiers sur Europe 1. En juin dernier, l’agence américaine avait en effet annoncé la probable révision des évaluations de trois banques françaises. BNP Paribas faisait à l’époque partie du lot, mais l’établissement a cette fois-ci échappé à l’abaissement de sa note. Il est cependant sous surveillance. 

La Société générale et le Crédit agricole sont respectivement notés Aa3 (contre Aa2 avant) et Aa2 (contre Aa1 avant). L’agence américaine poursuit son examen de la solidité financière (BFSR) de la banque rouge et noire mais laisse pour le moment sa note inchangée (C+). Celle du Crédit agricole passe en revanche de C+ à C.

« Expositions trop grandes »

Dans son analyse, Moody’s rappelle les risques générés par la détention de bons du trésor grecs ou par les financements consentis au secteur privé grec. « Bien que le Crédit agricole a des ressources en capital considérables pour absorber les pertes potentielles générées par ces risques, les expositions sont elles-mêmes trop grandes pour être cohérentes avec les notes actuelles ».

Moody’s a par ailleurs salué l’assise commerciale de la Société générale. « La banque a des franchises solides, une diversification géographique forte et une large palette d’activités », écrit l’agence. Mais elle a reconsidéré la note de la banque en fonction du soutien public dont elle aurait besoin en cas de crise grave.

Selon l’autorité bancaire européenne, l’exposition publique et privée de la société générale à la Grèce s’élève à 6,6 milliards d’euros, contre 27 milliards pour le Crédit agricole.