La stratégie d'emploi pour les jeunes sous le feu des critiques

La Commission européenne a lancé hier (15 septembre) son initiative phare pour lutter contre le chômage des jeunes et promouvoir la mobilité, mais les critiques ont déjà avancé que le projet ne faisait que reprendre les fonds existants et se reposait en grande partie sur les Etats membres pour la mise en œuvre.

La Commission européenne a lancé hier (15 septembre) son initiative phare pour lutter contre le chômage des jeunes et promouvoir la mobilité, mais les critiques ont déjà avancé que le projet ne faisait que reprendre les fonds existants et se reposait en grande partie sur les Etats membres pour la mise en œuvre.

L'initiative de la Commission vise à révéler le potentiel des jeunes dans le but d'avoir une croissance intelligente, durable et bénéfique pour tous, et s'intéressera à la politique de la jeunesse pour la prochaine décennie dans le cadre de la stratégie "Europe 2020".

Les trois plans d'actions prévus par l'initiative sont les suivants : amélioration de l'enseignement des jeunes et de la formation, faciliter la mobilité à la fois pour les études et l'emploi, et apporter un nouveau cadre pour l'emploi des jeunes, qui est actuellement de 20,9 % en moyenne dans l'UE, contre 14,7 % en mars 2008.

Trouver un emploi est la principale inquiétude de millions de jeunes européens. "Jeunesse en mouvement" va créer un nouvel élan au niveau de l'UE et au sein des Etats, et trouver du soutien pour les jeunes afin qu'ils puissent trouver un emploi, gagner leur vie et poursuivre leurs propres projets, a dit László Andor, le commissaire de l'UE chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion.

Pas de stratégie précise     

Toutefois, le Parti socialiste européen (PSE) a critiqué la proposition et a déploré qu'elle ne présente pas une stratégie claire pour combattre le chômage chez les jeunes.

La crise affecte plus fortement les jeunes, et si la Commission européenne ne propose pas une stratégie claire pour trouver une solution, nous risquons de mener toute une génération vers le chômage et la pauvreté, a affirmé le président du PSE  Poul Nyrup Rasmussen, qui a encouragé la Commission à introduire une mesure visant à garantir que les jeunes trouvent un emploi, une formation ou une suite à leur études dans les quatre mois qui suivent la fin de leurs études.

Le marché de l'emploi a également besoin d'être renforcé ; on doit créer plus d'emplois, inclure des emplois sur mesure pour les jeunes et inciter à les embaucher. Les stagiaires doivent être mieux protégés en adoptant des standards européens minimaux pour les stages, a ajouté M. Rasmussen.

Travailler avec les Etats membres

La Commission a souligné que la plupart des mesures devraient être mises en œuvre en travaillant avec les Etats membres et en les soutenant. Elle a cité en particulier les objectifs pour 2020 d'augmentation de la proportion de jeunes qui poursuivent des études supérieures de 31 % en 2008 à 40 % en 2020, et de réduire le nombre de jeunes qui quittent l'école prématurément de 15 à 10 % pour la même période.

Assurer la cohésion sociale dans toute l'Union n'est pas une tâche facile, selon Androulla Vassiliou, commissaire à l'éducation, la culture, le multilinguisme et la jeunesse.

En effet, un milliard d'euros est actuellement destiné à la jeunesse dans le cadre du programme d'éducation tout au long de la vie, et 6 milliards d'euros seront puisés dans le Fonds Social Européen pour traiter ces problèmes.

Les critiques estiment que l'initiative n'offre pas de nouvel instrument financier autre que le programme de micro finance où 45 000 prêts devraient être accordés dans les huit années à venir, d'une valeur de 500 millions d'euros, sous réserve du soutien de la Banque Européenne d'Investissement.

 Nous n'avons pas besoin d'un nouvel organisme, nous pouvons utiliser les instruments existants, a poursuivi Mme Vassiliou.

D'après des enquêtes récentes, plus de 40 % des employeurs attachent beaucoup d'importance à l'expérience à l'étranger, que ce soit pour les études ou  le travail.

En réponse aux inquiétudes selon lesquelles les études dans un Etat membre donné ne peuvent pas transférer leurs bourses dans un autre Etat membre, M. Andor a dit qu'il presserait les Etats membres de régler ce problème.

Un tableau d'affichage sera mis en place afin d'évaluer la capacité des Etats membres à aplanir les obstacles à la mobilité des étudiants, l'un des principes fondamentaux du traité CE.

La Commission souhaite également lancer un tableau des emplois vacants plus tard dans l'année pour que les jeunes envisagent plus facilement de travailler dans un autre Etat membre, et de remplir les postes à pourvoir selon le système EURES.

Un système de classement mondial des universités sera également lancé en tant qu'alternative à ceux qui classent constamment les universités américaines en premières positions en incluant un aperçu plus réaliste des performances de l'éducation supérieure.

En ce qui concerne l'inclusion d'un plus grand nombre de sources de financement pour combattre les problèmes des jeunes, Mme Vassiliou a évoqué le livre vert de la Commission sur les réformes des pensions. L'éventualité d'inclure les stages dans les contributions aux pensions devrait figurer dans les discussions des parties prenantes.