La Suède surveille de près le renforcement militaire russe dans les régions de la Baltique et de l’Arctique
Stockholm garde un œil attentif sur le développement des capacités militaires russes à proximité des pays nordiques, a indiqué lundi 16 juin le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson.
Stockholm garde un œil attentif sur le développement des capacités militaires russes à proximité des pays nordiques, a indiqué lundi 16 juin le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson.
Selon des images satellites publiées par la chaîne de télévision suédoise SVT, modernise massivement plusieurs de ses installations nucléaires proches de la Suède, dont une base située à moins de 300 kilomètres de sa frontière — un renforcement qui alimente les craintes d’une préparation à un éventuel conflit.
« Nous surveillons de près les capacités russes dans cette région », a indiqué Pål Jonson lundi. « Il s’agit à la fois des investissements russes dans les capacités nucléaires et de l’élaboration [par Moscou] d’une nouvelle doctrine. »
Au cours des dernières années, au moins cinq bases nucléaires russes ont été modernisées dans la région, notamment la base d’Asipovitjy en Biélorussie, qui dispose désormais de capacités de stockage améliorées et de nouvelles plateformes de transport. Par ailleurs, dans l’enclave russe de Kaliningrad, une base aurait été équipée de nouvelles clôtures et de communication sophistiqués et abriterait désormais une centaine d’armes nucléaires tactiques.
Une activité accrue a aussi été repérée sur le site d’essais nucléaires de Novaya Zemlya, dans l’Arctique, et sur la péninsule de Kola, où de nouveaux bunkers pour missiles sous-marins ont été identifiés.
En novembre 2024, la Russie a révisé sa doctrine nucléaire, abaissant le seuil de recours à l’arme atomique. Désormais, toute « menace critique » contre la Russie ou la Biélorussie — y compris des attaques conventionnelles appuyées par des puissances nucléaires comme les États-Unis — pourrait justifier une riposte nucléaire.
Ce changement, associé au retrait de la Russie des accords de contrôle des armements, augmente le risque que les menaces nucléaires soient utilisées pour dissuader l’Occident de soutenir l’Ukraine.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]