L’AfD allemande exclut Maximilian Krah de sa future délégation au Parlement européen

L’AfD a décidé de ne pas inclure la tête de liste Maximilian Krah, impliqué dans plusieurs scandales à l’approche du scrutin européen, dans sa cohorte d’eurodéputés, dans une tentative de réintégrer le groupe Identité et Démocratie dont le parti d’extrême droite a été exclu le mois dernier.

Euractiv.com
Alternative fuer Deutschland party (AfD) press conference
Maximilan Krah, tête de liste de l'AfD entaché par les scandales à l'approche des élections européennes. [EPA-EFE/FILIP SINGER]

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a décidé de ne pas inclure sa tête de liste Maximilian Krah, impliqué dans plusieurs scandales à l’approche du scrutin européen, dans sa cohorte d’eurodéputés, dans une tentative de réintégrer le groupe Identité et Démocratie (ID) dont le parti d’extrême droite a été exclu le mois dernier.

L’intéressé a annoncé la décision prise par la future délégation de l’AfD au Parlement européen devant plusieurs journalistes.

Selon lui, « huit personnes » se seraient « opposées » à ce qu’il rejoigne la délégation de l’AfD pour un autre mandat en tant qu’eurodéputé. Il a ajouté qu’il pensait que « cela envoyait un mauvais signal ».

« Il ne faut pas laisser un parti étranger dicter avec qui l’on se présente [au Parlement européen] », a-t-il affirmé, en référence au Rassemblement national (RN) qui avait rompu son alliance avec le parti allemand en amont des élections, peu avant la décision de ID d’exclure l’AfD de son groupe.

La codirigeante de l’AfD, Alice Weidel, a indiqué dimanche soir (9 juin) qu’il revenait aux élus du parti de former leur délégation et de choisir les eurodéputés.

Maximilian Krah et Petr Bystron, le numéro deux de la liste électorale, ont tous deux été accusés d’avoir reçu de l’argent de la Russie par le biais d’un réseau de propagande.

Mais les scandales ne s’arrêtent pas là pour Maximilian Krah, qui fait également l’objet d’une enquête préliminaire pour ses relations présumées avec la Chine, car l’un des anciens assistants avait également été accusé de travailler pour un service de renseignement chinois et avait été arrêté. En outre, la police belge avait perquisitionné les bureaux de Maximilian Krah au Parlement européen le 7 mai.

Les controverses autour de l’homme politique ont pris de l’ampleur à la suite d’une interview accordée au quotidien italien La Repubblica dans laquelle il déclarait que tous les membres de la Schutzstaffel (SS) nazie durant le Troisième Reich n’étaient pas « automatiquement des criminels ».

Craignant que de telles opinions extrémistes ne leur fassent perdre de précieuses voix, le groupe ID avait exclu l’ensemble de la délégation de l’AfD de ses rangs, deux semaines seulement avant les élections.

En France, Marine Le Pen du Rassemblement national (RN, ID) a déjà les yeux rivés sur les élections présidentielles de 2027. Dans un avenir plus proche, le parti se concentre également sur l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, qui a convoqué de nouvelles élections législatives fin juin.

L’AfD espère que l’expulsion de Maximilian Krah sera suffisante pour lui ouvrir à nouveau les portes du groupe ID.

« Nous reprendrons contact demain », a déclaré René Aust, élu chef de la délégation, à la chaîne publique allemande ZDF dimanche.

En revanche, Petr Bystron fera lui bien partie de la délégation envoyée par l’AfD au sein de l’hémicycle de l’UE.

L’AfD a déjà reçu le soutien du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), un parti d’extrême droite, qui est depuis longtemps considéré comme un proche allié de l’AfD.

Harald Vilimsky, qui a mené le FPÖ lors des élections, a fait savoir qu’il rencontrerait, Marine Le Pen mercredi prochain afin d’élaborer une stratégie visant à augmenter le nombre d’eurodéputés du groupe ID, qui obtient 58 sièges, selon les résultats provisoires de lundi (10 juin) à 13 h, et ce pour atteindre un nombre à trois chiffres.

Cependant, d’autres sont moins confiants quant à l’efficacité de cette manœuvre.

« Il n’y a absolument aucune chance d’être admis au sein du groupe ID maintenant », a estimé un confident de Maximilian Krah qui s’est exprimé auprès d’Euractiv.

Selon lui, « rien ne se passera avant [les élections présidentielles françaises] » et « après cela, on vous dira que malheureusement, cela ne se fera toujours pas ».

[Édité par Anna Martino]