L’Allemagne adopte enfin son budget 2025
Les législateurs allemands ont approuvé, jeudi 18 septembre, le budget du pays pour l’année 2025, qui prévoit d’importants investissements dans l’armée et les infrastructures.
BERLIN — Le budget 2025 aurait dû être approuvé il y a plus de neuf mois, mais il a été retardé par des désaccords politiques ayant mené à des élections anticipées en février dernier.
Il s’agit du premier depuis que les chrétiens-démocrates du chancelier Friedrich Merz ont abandonné leur ligne stricte à l’égard d’un budget équilibré en assouplissant le fameux « frein à l’endettement » allemand, qui limitaient les emprunts publics.
La coalition de Friedrich Merz — composée de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), de son pendant bavarois, l’Union chrétienne-sociale de Bavière (CSU) et du Parti social-démocrate (SPD) — espère que ces dépenses supplémentaires permettront de sortir l’Allemagne d’une longue période de récession économique, la première économie européenne connaissant actuellement sa troisième année consécutive sans croissance. Le pays souhaite également reconstruire une armée sous-financée depuis plusieurs années, dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie.
« Il s’agit d’un immense changement de paradigme dans la politique budgétaire allemande », a déclaré jeudi aux législateurs le ministre des Finances, Lars Klingbeil, coprésident du SPD. Il a salué les « investissements records » prévus dans le budget de 502,5 milliards d’euros.
L’Allemagne contractera environ 140 milliards d’euros de nouvelles dettes pour financer ces investissements, notamment à partir de fonds spéciaux hors budget destinés à la défense et aux infrastructures. D’autres emprunts sont prévus dans le budget de l’année prochaine, qui a déjà été approuvé par les ministres et sera soumis aux législateurs la semaine prochaine, l’approbation finale étant attendue en novembre.
La puissance budgétaire de Berlin contraste fortement avec celle d’autres capitales européennes, en particulier celle de Paris, où la dette élevée et les problèmes structurels ont alimenté une crise politique qui a entraîné la chute de deux Premiers ministres en moins d’un an.
En Allemagne, les discussions sur le budget ont poussé le prédécesseur de Friedrich Merz, l’ancien chancelier Olaf Scholz (SPD), vers la sortie. En effet, en limogeant son ministre des Finances, le libéral Christian Lindner (FDP) sur fond de désaccords politiques sur la manière de combler les importants déficits du budget 2025, le socialiste a conduit sa coalition de feu tricolore (composée du SPD, du FDP et des Verts) a sa fin.
Lorsqu’il était dans l’opposition, Friedrich Merz, longtemps partisan d’une politique budgétaire rigoureuse, se refusait à assouplir les règles d’équilibre budgétaire. Mais les conservateurs ont ensuite conclu un accord pour libérer les déficits à Berlin peu après avoir remporté les élections anticipées de février.
L’Allemagne a un niveau d’endettement nettement inférieur à celui de la France et de la plupart des autres États de l’UE, ce qui donne à Berlin une marge de manœuvre beaucoup plus importante pour augmenter ses dépenses. Bruxelles a d’ailleurs donné son feu vert à la frénésie dépensière de l’Allemagne au début de la semaine, tandis que la France est soumise à une forte pression pour maîtriser ses déficits.
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(asg)