Bruxelles donne son feu vert au budget allemand

La Commission européenne a approuvé mardi 16 septembre le projet de budget pluriannuel de l’Allemagne, ouvrant la voie à une augmentation historique des dépenses en matière de défense et d’infrastructure dans la plus grande économie de l’UE.

EURACTIV.com
Press conference after cabinet meeting in the Bendlerblock
Le chancelier Friedrich Merz (à droite) et le ministre de la Défense, Boris Pistorius, le 27 août 2025, à Berlin, en Allemagne. [Getty Images:Britta Pedersen-picture alliance]

Le plan budgétaire à moyen terme de Berlin, présenté en juillet, prévoit un déficit moyen de 2,9 % du PIB annuel entre 2025 et 2029, soit juste en dessous de la limite de 3 % fixée par l’UE.

L’Allemagne devrait dépasser le seuil de 3 % fixé par l’Union jusqu’en 2027, mais les coupes budgétaires prévues par la suite ont permis à Berlin d’éviter de se retrouver sous le coup d’une « procédure pour déficit excessif » (PDE) qui aurait pu entraîner des sanctions financières de la part de Bruxelles, a expliqué un haut responsable de la Commission aux journalistes mardi.

En outre, Berlin a demandé à activer la clause dérogatoire nationale du Pacte de stabilité et de croissance — qui permet aux États membres d’augmenter leurs dépenses militaires jusqu’à 1,5 % du PIB annuel sans enfreindre les règles budgétaires de l’UE. Ce choix a également contribué à éviter une telle procédure, a poursuivi le fonctionnaire.

« Il est clair qu’il y aura une expansion budgétaire au cours des deux premières années, puis une certaine correction et consolidation dans les années suivantes », a-t-il ajouté. Il a également tenu à préciser que, pour qu’une procédure pour déficit excessif soit ouverte, le fait de dépasser la limite de 3 % ne doit pas être « exceptionnel » ni « temporaire ».

« Le fait que [le déficit] dépasse 3 % ne signifie pas que nous devrions automatiquement, nécessairement, ouvrir une PDE à ce stade », a-t-il expliqué.

La décision de la Commission de valider le budget n’est pas une surprise, les responsables allemands et européens ayant étroitement coordonné leurs efforts avant que Berlin ne soumette son plan septennal cet été, comme l’exigent les nouvelles règles budgétaires de l’UE introduites l’année dernière.

En juillet, le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, confiait au Financial Times que l’Allemagne « devrait » éviter une procédure pour déficit excessif et que Bruxelles saluait même la décision de Berlin d’augmenter ses dépenses militaires et de créer un fonds spécial de 500 milliards d’euros pour les infrastructures.

Certains économistes affirment que le fameux « frein à l’endettement », inscrit dans la Constitution allemande et qui imposait des limites strictes à l’emprunt public, était responsable de la faible croissance et de la faiblesse chronique des investissements et de la demande dans la première économie de l’UE. Ce frein a été supprimé par le gouvernement du chancelier Friedrich Merz plus tôt cette année.

« La Commission européenne demande depuis des années à l’Allemagne d’augmenter ses investissements dans les infrastructures, et nous voyons maintenant cela se concrétiser », a déclaré le commissaire.

Le plan budgétaire allemand devrait être officiellement approuvé par les ministres des Finances de l’UE au sein du Conseil de l’UE le 10 octobre prochain.

(asg)