L’Allemagne ferme les centrales de charbon ouvertes pendant la crise énergétique

Sept centrales électriques au lignite d’une capacité de production combinée de 3,1 gigawatts vont être fermées en Allemagne à la fin du mois de mars, après le report du démantèlement initialement prévu en 2022 à cause de la crise énergétique.

EURACTIV.com avec CLEW
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Dans un contexte où les émissions du secteur de l’électricité en Allemagne ont baissé de manière significative malgré les reports des fermetures, le gouvernement allemand s’est engagé à calculer et à compenser les émissions de CO2 supplémentaires liées aux sept centrales additionnelles. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Sept centrales électriques au lignite d’une capacité de production combinée de 3,1 gigawatts vont être fermées en Allemagne à la fin du mois de mars, après le report du démantèlement initialement prévu en 2022 à cause de la crise énergétique.

Dès la fin du mois, les sept centrales au charbon ne seront plus autorisées à vendre leur électricité sur le marché de gros. L’Agence fédérale des réseaux allemande (BNetzA) a affirmé que ces fermetures n’auraient pas d’incidence sur la sécurité de l’approvisionnement.

« Les fermetures ont été planifiées et prises en compte dans toutes les prévisions d’approvisionnement. La sécurité de l’approvisionnement continue d’être garantie », a assuré un porte-parole à l’agence.

En mars 2022, le gouvernement allemand avait en effet décidé de réactiver cinq centrales au charbon et de reporter la fermeture de deux autres, en prévision d’une diminution des approvisionnements en gaz russe.

Cette décision a été prolongée pour hiver supplémentaire en octobre 2023, en raison de la baisse de l’approvisionnement en gaz russe et de la sous-performance du parc nucléaire français.

La combustion du charbon est l’un des moyens les plus polluants de produire de l’électricité. Lors de la COP28 qui s’est tenue aux Émirats arabes unis en décembre 2023, les dirigeants du monde entier ont demandé une accélération des efforts pour réduire progressivement la production d’électricité par la combustion du charbon, et le gouvernement allemand a alors fixé à 2030 la date butoir « idéale » pour éliminer cette source d’énergie.

Mais la production d’électricité à partir du charbon est également « répartissable », ce qui signifie que l’offre peut être augmentée ou réduite en fonction des besoins, remplissant ainsi le rôle souvent joué par le gaz en veillant à ce que la production d’électricité réponde à aux fluctuations de la demande.

Dans un contexte où les émissions du secteur de l’électricité en Allemagne ont baissé de manière significative malgré les reports des fermetures, le gouvernement allemand s’est engagé à calculer et à compenser les émissions de CO2 supplémentaires dues aux sept centrales additionnelles.

En 2023, le charbon a fourni 26 % de l’électricité allemande, contre 33 % durant l’année précédente, au plus fort de la crise énergétique.

Dans l’ouest de l’Allemagne, la sortie du charbon semble sur la bonne voie pour respecter l’échéance de 2030. Cependant, les experts affirment que le manque de fonds pour les centrales à gaz de secours pourrait devenir un obstacle.

Julian Wettengel du Clean Energy Wired (CLEW) a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anna Martino]