L’Allemagne restitue les premiers « bronzes du Bénin » au Nigeria

La ministre allemande des Affaires étrangères a personnellement restitué le premier lot de 20 « bronzes du Bénin » provenant de cinq collections allemandes. Ces derniers avaient été pillés dans l’ancien royaume du Bénin, aujourd’hui le Nigeria.

EURACTIV Allemagne
German Foreign Minister Baerbock signs a memorandum of understanding on the Return of the Benin Bronzes
« Le vol de ces bronzes était une erreur, leur conservation était une erreur, et il est grand temps qu’ils retournent chez eux », a déclaré Mme Baerbock lors d’une visite au Nigeria mardi (20 décembre). [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a personnellement restitué le premier lot de 20 « bronzes du Bénin » provenant de cinq collections allemandes. Ces derniers avaient été pillés par les forces coloniales britanniques dans l’ancien royaume du Bénin, aujourd’hui le Nigeria. Selon la ministre, cette restitution était « attendue depuis longtemps ».

Les « bronzes du Bénin » désignent plusieurs milliers de plaques et de sculptures en métal soustraites lors de la conquête britannique de l’ancien royaume situé sur le territoire de ce qui est aujourd’hui le sud du Nigeria. Elles furent par la suite vendues à divers musées européens.

« Le vol de ces bronzes était une erreur, leur conservation était une erreur, et il est grand temps qu’ils retournent chez eux », a déclaré Mme Baerbock lors d’une visite au Nigeria mardi (20 décembre).

Alors qu’une grande partie des objets sont aujourd’hui détenus par le British Museum de Londres, environ six des œuvres d’art se trouvent actuellement dans des musées allemands. Après la demande du gouvernement nigérian, qui réclamait depuis des décennies la restitution des sculptures, l’Allemagne a signé un accord avec le pays sur la remise d’un total de 1 130 objets.

Les 20 premiers bronzes ont été restitués lors d’une cérémonie à Abuja, la capitale du Nigeria, à laquelle ont assisté Mme Baerbock et son homologue nigérian Geoffrey Onyeama.

Mme Baerbock a souligné qu’il s’agissait d’une « première étape », et ajouté que l’Allemagne travaillait à la restauration d’autres sculptures.

Plusieurs directeurs de musée figuraient parmi la délégation allemande au Nigeria. Cette démarche a été perçue par de nombreux observateurs comme le signe d’une remise en question des institutions culturelles allemandes, qui avaient jusqu’à récemment bloqué la restauration d’œuvres d’art pillées. Ces dernières invoquaient notamment la capacité supposément insuffisante des États anciennement colonisés comme le Nigeria à assurer un entretien satisfaisant des objets d’art.