L’alliance de gauche ne devrait pas avoir de majorité à l’Assemblée nationale

Avec 25,66 % des voix, la coalition de gauche est au coude-à-coude avec le mouvement présidentiel Ensemble au premier tour des élections législatives dimanche (12 juin). En revanche, tout laisse penser qu'elle n’obtiendra pas de majorité lors du second tour.

/ Euractiv France
First round of the French legislative elections
Pour la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon une grande progression en nombre de sièges est attendue. Avec 17 députés sortants, il aura sans doute au moins 100 nouveaux députés sous la nouvelle législature. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Avec 25,66 % des voix, la coalition de gauche (NUPES) est au coude-à-coude avec le mouvement présidentiel Ensemble au premier tour des élections législatives dimanche (12 juin). En revanche, tout laisse penser qu’elle n’obtiendra pas de majorité – relative ou absolue – lors du second tour (19 juin).

La coalition de gauche se place en deuxième position au niveau national, dans un mouchoir de poche avec le parti présidentielle (25,75 %).

Regroupant La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste, les Verts et le Parti communiste français, la NUPES reste malgré cela en deçà de la somme des résultats des différents candidats de gauche à l’élection présidentielle (30,6 % au total).

En se référant aux élections législatives précédentes, le camp de la gauche progresse par rapport aux élections de 2017, lorsque la somme des partis de gauche atteignait 21 % environ au premier tour, dans un contexte où Emmanuel Macron avait capté une bonne partie de l’électorat social-démocrate.

La NUPES se confirme comme étant la première force politique chez les électeurs les plus jeunes avec 42 % de votants parmi les 18-24 ans et 38 % parmi les 25-34 ans, selon l’étude menée par Ipsos.

L’alliance réalise aussi un score important parmi les cadres (28 %), généralement moins enclins à voter pour la gauche radicale. En outre, le vote au profit de la gauche unie est plus important à mesure que le niveau de salaire est bas.

Pour la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon une grande progression en nombre de sièges est attendue. Avec 17 députés sortants, il devrait avoir au moins 100 nouveaux députés sous la nouvelle législature. Danièle Obono, députée sortante LFI, est élue dès le premier tour avec 57 % des voix dans la 17e circonscription de Paris, tout comme Sophia Chikirou, toujours à Paris.

Les écologistes devraient aussi décupler leur présence sur les bancs de l’Assemblée nationale, passant d’un député sortant à une vingtaine environ.

Au total, l’ensemble des partis de gauche devraient pouvoir compter sur 150 à 210 sièges et multiplierait ainsi par trois ou par quatre le nombre de députés par rapport à la législature précédente, selon les projections des différents instituts de sondage (Ipsos et Ifop notamment). 

La question de l’avenir de cette union de la gauche reste entière, les différents partis ayant annoncé qu’ils siégeront chacun dans un groupe distinct.

Au vu des différences sur certains sujets de fond, du nucléaire au positionnement dans la communauté internationale et vis-à-vis de l’Europe, il n’est pas certain que cette alliance perdure sur un temps long. En revanche, un déplacement du barycentre de la gauche vers la gauche radicale est bel et bien acté.