Lancement du Forum du Conseil européen de l’innovation à Bruxelles

Le Conseil européen de l’innovation (CEI) a lancé son forum destiné à rassembler décideurs politiques, chercheurs et entrepreneurs engagés dans l’innovation. Ses responsables soulignent la nécessité pour l’Europe d’investir davantage dans la recherche et l’innovation.

EURACTIV.com
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Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation et à la Recherche, a déclaré, jeudi (25 novembre) que l’objectif du Forum était de « relier, contribuer et co-créer » pour élaborer « des solutions communes". [Shutterstock / Alexandros Michailidis]

Le Conseil européen de l’innovation (CEI) a lancé son forum destiné à rassembler décideurs politiques, chercheurs et entrepreneurs engagés dans l’innovation. Ses responsables soulignent la nécessité pour l’Europe d’investir davantage dans la recherche et l’innovation.

Le Forum, qui a débuté ce jeudi (25 novembre) lors de l’édition 2021 du sommet du CEI, a pour but de faciliter la discussion informelle sur des questions politiques liées à la sphère de l’innovation en Europe.

S’exprimant lors de l’ouverture du sommet mercredi (24 novembre), Margrethe Vestager, responsable du numérique de l’UE, a déclaré que le CEI avait pour objectif de fournir « des investissements de type capital-risque directement dans les fonds propres des start-ups ».

« L’idée n’est pas de remplacer le financement privé. C’est même plutôt le contraire puisque l’idée est en réalité de mettre les premières pièces sur la table pour mettre les investisseurs privés en confiance et faire en sorte qu’ils aient envie de participer », a-t-elle déclaré.

Lancé en 2018 dans le cadre du programme Horizon Europe, le CEI soutient l’innovation dans le domaine des technologies ainsi que la croissance des entreprises qui les développent.

Le budget actuel du Conseil européen de l’innovation, qui s’élève à 10,1 milliards d’euros, est destiné à soutenir les start-up et les PME qui travaillent au développement de technologies émergentes.

Les entreprises peuvent solliciter le fonds du CEI pour recevoir un mélange de subventions et de fonds propres pour leurs projets, constituant ainsi un capital de départ qu’elles pourront ensuite utiliser pour obtenir des financements privés.

Depuis la phase pilote du CEI en 2018, les fonds ont permis « d’investir quelque 3,8 milliards d’euros dans plus de 5 000 startups et PME, et les investissements privés qui s’en sont suivis ont presque quadruplé ce montant », a indiqué Mme Vestager.

Durant le sommet, Manuel Heitor, ministre portugais de la Science, de la Technologie et de l’Enseignement supérieur, a toutefois déclaré que ces 20 dernières années ont vu le « niveau d’investissement dans la recherche et l’innovation pratiquement stagner en Europe ». « Pour faire face aux problèmes des années à venir, il faudra investir dans la recherche et l’innovation », a-t-il ajouté.

Le contexte général

Au-delà de l’investissement en lui-même, l’attention s’est également portée sur le contexte politique européen au sens large et sur la manière dont il pourrait être rendu plus propice à l’innovation.

« Pour qu’une innovation révolutionnaire soit couronnée de succès, ce dont nous avons besoin avant tout, c’est une innovation révolutionnaire sur le plan politique », a déclaré Mme Vestager.

La tenue du Forum marque une avancée vers cet objectif plus général. Il favorisera le dialogue entre les différents acteurs, des universitaires à ceux qui opèrent sur le marché, et permettra de discuter des problèmes qui freinent l’innovation en Europe tout en servant de plateforme pour concevoir et coordonner des réponses potentielles à ces problèmes. Il s’agira notamment de déterminer comment mieux relier la recherche, l’éducation et les entreprises.

Jeudi, Mariya Gabriel, commissaire à l’Innovation et à la Recherche, a déclaré que l’objectif était de « relier, contribuer et co-créer » pour élaborer « des solutions communes, et pas seulement des politiques ».

Pour commencer, le Forum a présenté à Mme Gabriel cinq orientations préliminaires en matière de politique d’innovation : mieux exploiter les instruments existants, connecter les écosystèmes d’innovation en Europe, augmenter le financement pour l’innovation, stimuler les synergies entre les politiques et la programmation, et donner plus de pouvoir aux innovateurs grâce au marché unique.

Les récompenses du sommet

Le sommet a également permis de récompenser un certain nombre d’innovateurs de toute l’Europe et a permis de mettre l’accent sur des projets portés par des femmes entrepreneurs.

La ville allemande de Dortmund a reçu la somme d’un million d’euros ainsi que le prix de capitale européenne de l’innovation de l’année 2021, tandis que la ville finlandaise de Vantaa a été désignée ville européenne montante de l’innovation et a reçu la somme de 500 000 euros. Ces deux prix ont été attribués sur base de la capacité de ces villes à créer un environnement propice à l’innovation.

Le prix de l’UE pour les femmes innovatrices a été décerné à trois femmes dont les entreprises couvrent un large éventail de secteurs, allant d’une start-up qui a créé une plateforme numérique pour la chaîne d’approvisionnement alimentaire à une société pharmaceutique qui développe de nouveaux traitements pour les troubles oculaires.

Le prix de l’innovateur prometteur (EU Rising Innovator), décerné aux entrepreneurs de moins de 30 ans, a été attribué aux sœurs Ailbhe et Isabel Keane pour leur entreprise Izzy Wheels, qui conçoit des enjoliveurs pour fauteuils roulants.

« Les lauréats de cette année sont les esprits qui contribueront à changer le visage de l’innovation et à ouvrir la voie à davantage de femmes entrepreneurs à l’avenir », a déclaré Mme Gabriel en remettant les prix.

Des chiffres publiés mercredi (le 24 novembre) montrent toutefois que les femmes restent sous-représentées dans les domaines de la recherche et de l’innovation.

Le rapport « She Figures » de 2021 montre que, même si les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les étudiants et les diplômés, il existe des écarts importants quant à leur présence au sein de certaines professions. C’est notamment le cas dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), des sciences et de l’ingénierie, ainsi que dans le milieu académique, où elles n’occupent que 26 % des postes de professeur titulaire.