Le centre droit espagnol demande à Pedro Sánchez de déclarer l’état d’« urgence migratoire »
Le gouvernement espagnol du Premier ministre Pedro Sánchez (PSOE/S&D) devrait déclarer un état d’« urgence migratoire » dans toute l’Espagne et plus seulement dans les îles Canaries a déclaré lundi (15 juillet) le Partido Popular (PP/PPE).
Le gouvernement espagnol du Premier ministre Pedro Sánchez (PSOE/S&D) devrait déclarer un état d’« urgence migratoire » dans toute l’Espagne et plus seulement dans les îles Canaries — la région actuellement la plus touchée par l’afflux de migrants clandestins en provenance d’Afrique de l’Ouest — a déclaré lundi (15 juillet) le principal parti d’opposition de centre droit, le Partido Popular (PP/PPE).
Le PP a lancé cet appel le jour où le PSOE, son parti allié de gauche Sumar et Coalición Canaria (une plateforme regroupant plusieurs groupes régionaux de centre droit), ont présenté au Parlement un projet de loi visant à réformer la loi actuelle sur l’immigration. Le but étant d’établir une répartition obligatoire des mineurs migrants non accompagnés entre les 17 communautés autonomes d’Espagne.
L’objectif vise aussi à alléger la charge migratoire dans les régions particulièrement vulnérables, telles que les îles Canaries, qui connaissent, surtout pendant l’été, une arrivée massive de migrants clandestins. La plupart d’entre eux sont des mineurs non accompagnés, qui ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.
Plus précisément, le projet proposé par le PSOE, Sumar (quatrième force au Parlement) et Coalición Canaria implique de modifier l’article 35 de la loi actuelle sur l’immigration afin d’établir une répartition obligatoire des migrants mineurs vers d’autres régions lorsque le territoire concerné dépasse 150 % de sa capacité d’accueil.
Selon des sources des trois partis, l’objectif principal est de trouver une destination sûre pour les 6 000 mineurs étrangers actuellement arrivés aux îles Canaries, alors que la région ne dispose que de 2 000 places pour accueillir des migrants.
Le PP a toutefois rejeté cette proposition avec véhémence.
Dans un document envoyé au ministre de la Politique territoriale, Víctor Ángel Torres (PSOE), le PP se plaint que la proposition ne reconnaisse une « urgence migratoire » que dans les îles Canaries et les villes autonomes espagnoles de Ceuta et Melilla, mais exclut d’autres régions « qui se trouvent dans une situation d’effondrement migratoire ».
À la place, le PP demande que « l’urgence migratoire soit déclarée pour l’ensemble du territoire national », en raison non seulement de la situation actuelle dans les îles Canaries, Ceuta et Melilla « mais aussi des prévisions (d’arrivées de migrants) pour les mois à venir », fournies par le gouvernement et diverses ONG.
« De cette manière, toutes (les régions) pourraient profiter de ce plan d’urgence et pourraient, si nécessaire, fournir des ressources de toute urgence pour les besoins d’accueil », explique le PP dans le document vu par EFE.
La ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego (Sumar), a vivement critiqué le manque de soutien du PP à cette proposition.
Se préparer à une vague de migrants en août
Mme Rego a exhorté le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, à placer le parti de centre droit « du côté des enfants » pour faciliter cette réforme et à cesser de poursuivre des « politiques d’extrême droite » en matière d’immigration.
Íñigo Errejón, porte-parole de Sumar au Parlement, a également eu des mots durs à l’égard du PP.
« Soit vous êtes pour les politiques d’accueil et de garantie des droits de l’homme, soit vous êtes pour le racisme et la politique de la haine », a-t-il déclaré.
Toutefois, le PSOE, Sumar et Coalición Canaria ont exprimé lundi, l’espoir que le PP soutienne finalement la proposition, en particulier après la « sortie » choquante des représentants du parti d’extrême droite VOX, troisième force au parlement, des cinq régions où ils ont gouverné avec le PP depuis mai 2023.
Le chef de file de VOX, Santiago Abascal, a annoncé vendredi que son parti ne gouvernerait plus aux côtés du PP dans les gouvernements régionaux après que ce dernier a appuyé son soutien à la proposition du PSOE et de Sumar d’accueillir un petit groupe de migrants mineurs non accompagnés des îles Canaries dans d’autres régions espagnoles.
Le gouvernement espagnol souhaite que cette proposition soit examinée d’urgence par le Parlement afin d’offrir un maximum de garanties juridiques aux migrants mineurs non accompagnés qui devraient arriver au large des îles Canaries au mois d’août.