Le chaos s’intensifie à Barcelone alors que Madrid reste ferme
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MADRID
182 blessés, voici le bilan des violentes manifestations de ce weekend en Catalogne contre la condamnation de neuf politiques indépendantistes catalans pour leur rôle dans le référendum interdit de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne.
La plus grande manifestation a eu lieu à Barcelone, faisant 152 blessés. Les affrontements répétés entre les radicaux violents et la police ont secoué la ville du vendredi soir, et ce, jusqu’au petit matin.
Plus d’un demi-million de Catalans se sont rassemblés vendredi (18 octobre) pour participer à la grève générale lancée par les syndicats. La Sagrada Familia, l’une des attractions touristiques les plus populaires d’Espagne, était même inaccessible.
« Cela ne peut plus durer, Barcelone ne le mérite pas », a déclaré la maire de la capitale catalane, Ada Colau.
Des routes étaient bloquées alors que les manifestants remplissaient les rues. Ils visaient la police avec des fusées éclairantes, des pierres, des bouteilles en verre et celle-ci ripostait en tirant des gaz lacrymogènes.
Le président catalan, Quim Torra, n’a pas — expressément — sanctionné les violences qui ont éclaté à la suite des condamnations et a demandé au gouvernement central de Madrid d’ouvrir le dialogue.
« Nous demandons depuis longtemps une réponse politique au conflit qui traverse le pays », a-t-il déclaré. Il a tenté ce weekend de s’entretenir avec le Premier ministre par intérim, Pedro Sánchez, mais ce dernier a refusé tout dialogue avec le gouvernement régional catalan tant que Quim Torra ne réprime pas — clairement — les violences. « Les gens violents ne feront jamais plier la démocratie », a répondu M. Sánchez.
Le 14 octobre, plusieurs politiques et militants ont été condamnés à des peines de prison pour sédition et détournement de fonds publics en lien avec le référendum interdit de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne.
Oriol Junqueras, l’ancien vice-président régional catalan, a écopé de la peine la plus lourde : 13 ans de prison.
Carles Puigdemont, l’ex-leader catalan qui a fui l’Espagne après l’échec de 2017, comparaîtra le 29 octobre devant la chambre du conseil de Bruxelles à la suite d’un nouveau mandat d’arrêt émis contre lui par la justice espagnole. (Fernando Heller |Euroefe)
LONDRES
Deuxième référendum. Le parti travailliste déposera la semaine prochaine un amendement au projet de loi du Brexit de Boris Johnson, afin d’organiser un référendum de confirmation sur cet accord, a annoncé Keir Starmer, député chargé du Brexit au sein de l’opposition travailliste. Il a déclaré que les travaillistes pourraient appuyer le projet de loi de Johnson s’il y avait la possibilité d’organiser un référendum de confirmation.
Les commentaires de M. Starmer font suite au vote de la Chambre des Communes samedi, au cours duquel les députés ont soutenu des mesures visant à forcer Boris Johnson à demander un report du Brexit. En conséquence, le Premier ministre a envoyé au Président du Conseil européen, Donald Tusk, une photocopie non signée de la demande des parlementaires de proroger l’article 50 au-delà du 31 octobre.
« La demande de prolongation vient d’arriver. Je vais maintenant commencer recueillir les avis des dirigeants de l’UE », a répondu Donald Tusk, samedi soir. (Samuel Stolton | Euractiv.com)
ATHÈNES
Les migrants économiques ne sont pas les bienvenus. Le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, a exprimé de vives critiques face à l’augmentation de l’immigration clandestine en provenance de la Turquie vers la Grèce ces derniers mois, déclarant « qu’aucun migrant économique n’est invité dans le pays ».
« Ceux qui investissent de l’argent pour venir en Grèce par l’intermédiaire de passeurs perdront leur argent parce qu’ils seront renvoyés. Jusqu’à la fin de 2020, 10 000 migrants n’ayant pas droit à l’asile seront renvoyés en Turquie », a-t-il indiqué à OPEN TV, ajoutant que seulement 1 800 migrants avaient été renvoyés en Turquie au cours des quatre dernières années.
Les ressortissants étrangers ayant un profil de réfugié seront transférés dans des hôtels ou d’autres établissements tandis que les migrants économiques seront transférés dans des établissements fermés et dans des centres de pré départ. (Theodore Karaoulanis | Euractiv Grèce)
BERLIN
Un « changement culturel ». Depuis l’entrée en vigueur, il y a trois ans, d’une loi pénale plus stricte en matière d’agressions sexuelles, la loi du « non c’est non », le nombre d’enquêtes sur les agressions sexuelles a augmenté de plus d’un tiers au niveau national, selon le partenaire d’Euractiv Allemagne, Der Tagesspiegel.
Selon les données de l’Office fédéral de la statistique, environ 72 000 cas ont été traités en 2018. Dans les années qui ont précédé la réforme, ce chiffre était d’environ 53 000. L’Office de la police criminelle du Land de Berlin parle d’un « changement culturel » qui a touché tous les groupes sociaux et tous les âges. La ministre de la Justice, Christine Lambrecht (SPD), a déclaré au Tagesspiegel que l’introduction de la loi « non c’est non » a été « une étape cruciale pour l’autodétermination sexuelle ». (Claire Stam | Euractiv Allemagne)
VARSOVIE
Un nouveau poste à l’horizon. Le président sortant du Conseil européen, Donald Tusk, a été désigné par son parti polonais, la Plate-forme civique (PO), pour présider le Parti populaire européen (PPE). « Donald Tusk est l’un des principaux politiques des chrétiens-démocrates européens. Tout le monde l’encourageait à se présenter pour devenir président du PPE, y compris l’actuel chef du PPE, Joseph Daul », a déclaré, Grzegorz Schetyna, leader du PO.
Interrogé sur ses projets lors du sommet européen de la semaine dernière, M. Tusk a déclaré à la presse que la direction du PPE ne l’empêchera pas de s’impliquer dans les affaires polonaises. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)
BRATISLAVA
Reprise des manifestations. Des milliers de Slovaques sont descendus dans les rues de Bratislava et d’autres villes slovaques vendredi lors d’une nouvelle manifestation organisée par le mouvement populaire « Pour une Slovaquie décente », un mouvement qui a vu le jour après les meurtres du journaliste Ján Kuciak et de sa fiancée Martina Kušnírová.
Vendredi dernier, le Premier ministre slovaque, Peter Pellegrini, a rencontré à Bruxelles la commissaire européenne, Vera Jourova, pour discuter de la situation en Slovaquie et de l’état du système judiciaire. (Zuzana Gabrižová | Euractiv Slovaquie)