Le commissaire à l'environnement veut des résultats concrets à Rio+20
Le commissaire à l’environnement, Janez Poto?nik, a déclaré hier (7 février) que l’UE ferait pression pour que la communauté internationale s’engage en faveur d'une croissance durable lors de la prochaine conférence de l’ONU qui se déroulera à Rio de Janeiro. L’Union défendra cet objectif « sans relâche ».
Le commissaire à l’environnement, Janez Poto?nik, a déclaré hier (7 février) que l’UE ferait pression pour que la communauté internationale s’engage en faveur d'une croissance durable lors de la prochaine conférence de l’ONU qui se déroulera à Rio de Janeiro. L’Union défendra cet objectif « sans relâche ».
Le commissaire a également déclaré qu'il souhaitait que le monde s'intéresse davantage aux risques présentés par les produits chimiques, conformément au règlement REACH de l'UE.
M. Poto?nik a fait cette déclaration en amont d'une réunion prévue aujourd'hui avec les responsables chinois de l'environnement. Les tensions entre Chine et l'UE ne font que s'intensifier en raison des nouvelles réglementations européennes sur les émissions générées par l'aviation. La Chine a en outre récemment perdu un procès entamé par l'UE et d'autres pays concernant les restrictions à l'exportation qu'applique Beijing sur des matières premières vitales.
M. Poto?nik a expliqué que les propres normes environnementales de l'UE pouvaient servir d'exemples en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d'efficacité énergétique et de durabilité de l'agriculture.
Il a affirmé que l'Europe avait « le devoir et la responsabilité » d'assumer un rôle de leader lors de la prochaine conférence de l'ONU sur le développement durable en juin prochain. Il a demandé aux pays de se concentrer sur des étapes contraignantes plutôt que sur des objectifs généraux.
« Nous travaillons dur pour garantir des résultats concrets », a déclaré M. Poto?nik lors d'un discours sur la conférence de juin prochain à Rio de Janeiro. « Je peux vous assurer qu'aucun jour ne passera sans que nous n'ayons discuté des objectifs de Rio lors de nos rencontres avec nos partenaires internationaux ».
Le 30 janvier dernier, le Groupe de haut niveau sur l'écoviabilité mondiale de l'ONU a publié des projets de recommandations pour la réunion de Rio, affirmant que le développement durable pourrait permettre de réduire la pauvreté tout en stimulant une économie anémique via l'investissement dans les nouvelles technologies et l'utilisation efficace des ressources.
Toutefois, nombreux sont ceux qui doutent de l'efficacité de ces recommandations, présentées dans le rapport « Resilient People, Resilient Planet », et de l'ambition des dirigeants qui se rencontreront à Rio, en raison de la crise économique.
Ida Auken, la ministre danoise de l'environnement, dont le pays exerce la présidence tournante du Conseil de l'UE, a également récemment promis de faire de Rio une priorité. Elle a cependant reconnu lors d'un entretien accordé à EURACTIV que les conditions économiques actuelles rendraient difficile l'adoption d'objectifs mesurables à Rio.
M. Poto?nik s'est exprimé lors d'une réunion sur le développement durable au Comité économique et social européen, un organe de conseil pour les décideurs européens à Bruxelles.
Il a déclaré souhaiter la définition d'étapes importantes en terme de durabilité, affirmant que l'UE ne prononçait pas que des paroles en l'air.
« Nous avons placé la transition vers une utilisation efficace des ressources et une économie faible en carbone au coeur de notre stratégie économique et nous pensons que cela nous permettra de sortir de la crise financière actuelle pour aboutir à une croissance durable », a-t-il expliqué.
Un REACH mondial
Devant la presse, M. Poto?nik a déclaré qu'il souhaitait que les réglementations sur les produits chimiques soient abordées à Rio. Le risque posé par la « pollution chimique » n'est mentionné qu'une seule fois dans le document de 99 pages de l'ONU.
« Je ne peux pas vous dire si ce sera contraignant ou non, mais je souhaite que ce soit plus concret », a-t-il affirmé.
En référence au règlement REACH sur les produits chimiques, il a déclaré : « Dans l'Union européenne, nous avons atteint un niveau d'engagement important et nous pouvons déjà constater que dans d'autres parties du monde, on étudie la manière dont nous opérons. Nous pensons qu'il est temps d'aborder cette question à Rio. »
L'actuelle directive sur les produits chimiques, entrée en vigueur en 2007, devrait être révisée cette année. Les groupes de défense de la santé et des consommateurs font pression pour que des modifications ambitieuses soient apportées, tandis que certains Etats membres, notamment la Slovaquie et la République tchèque, affirment que des règles plus strictes entraveraient la relance économique.