Le commissaire à la Défense plaide pour un commandement spatial européen

Pour renforcer la défense du continent, l’UE doit mieux coordonner la surveillance spatiale entre ses États membres, a affirmé le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, lors de la Conférence spatiale européenne à Bruxelles mardi 27 janvier.

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Plenary session of the European Parliament
France, Strasbourg, 22 octobre 2025 : le commissaire européen Andrius Kubilius. [Getty Images/Philipp von Ditfurth_dpa_Picture alliance]

Les capacités spatiales sont devenues de plus en plus importantes pour l’armée ces dernières années, qu’il s’agisse d’observer les mouvements sur le champ de bataille ou de surveiller les troupes derrière les lignes ennemies. Mais jusqu’à présent, ces capacités restent une compétence nationale.

Andrius Kubilius estime désormais que l’Europe devrait unir ses forces pour bâtir « un partenariat entre les commandements spatiaux ».

Actuellement, les États de l’UE doivent demander l’autorisation des États-Unis pour partager des données sur les menaces, a déclaré Andrius Kubilus lors de l’ouverture de la conférence, ajoutant que cela constituait « un obstacle à notre sécurité » et « un obstacle à notre indépendance dans l’espace ».

Pour lui, les pays européens doivent pouvoir mobiliser rapidement leurs capacités spatiales à des fins de défense. Or, a-t-il reconnu, la répartition des responsabilités reste floue lorsqu’il s’agit de déployer des ressources à l’échelle de l’UE.

Le commissaire à la Défense souhaite créer un commandement spatial européen virtuel afin de partager les ressources spatiales en temps de guerre.

Une telle coopération serait un élément clé du futur bouclier spatial européen, que Andrius Kubilius prévoit de présenter dans le courant de l’année. L’idée est de mettre en commun et de partager les capacités nationales.

Ce bouclier est l’un des quatre projets phares en matière de défense annoncés par la Commission dans sa feuille de route pour la préparation à la défense.

Il renforcerait la capacité des pays de l’UE à protéger leurs ressources spatiales, notamment les satellites qui assurent les communications, l’observation et la navigation. Le bouclier spatial inclurait diverses capacités de constellation spatiale européenne, notamment des services de communication gouvernementaux communs, tels que Govsatcom, et le futur satellite de communication sécurisé de l’UE IRIS². La protection contre les interférences radioélectriques fera également partie du bouclier.

En outre, le service gouvernemental d’observation de la Terre de l’UE peut être utilisé pour « une observation plus précise à des fins de sécurité et de défense », ainsi que pour le positionnement, la navigation et la synchronisation en orbite terrestre basse (LEO-PNT), a déclaré le commissaire Kubilius mardi.