Le commissaire européen Maroš Šefčovič s'engage à organiser plusieurs dialogues pour obtenir le portefeuille Green Deal
Le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič s’est engagé à organiser plusieurs dialogues sur la transition écologique — avec l’industrie, les agriculteurs et les citoyens — afin de gagner le soutien du Parlement européen pour superviser le Pacte vert (Green Deal) lors d’une audition mardi.
Le vice-président de la Commission européenne chargé des relations interinstitutionnelles, Maroš Šefčovič, s’est engagé à organiser plusieurs dialogues sur la transition écologique — avec l’industrie, les agriculteurs et les citoyens — afin de gagner le soutien du Parlement européen pour superviser le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) lors d’une audition mardi (3 octobre).
Le commissaire européen socialiste a été désigné pour remplacer le commissaire sortant Frans Timmermans pour piloter le Green Deal de l’UE.
Depuis le début de semaine, le candidat est confronté aux questions des parlementaires pour acter sa nomination. Les négociations s’enlisent, car en face, le conservateur néerlandais Wopke Hoekstra est aussi en lice pour récupérer l’un des portefeuilles de Frans Timmermans.
Au cours d’une audition de trois heures devant la commission de l’environnement du Parlement européen, l’homme de 57 ans a répondu à des questions allant de l’agriculture à la compétitivité industrielle, en passant par le changement climatique, l’énergie propre, les microplastiques ou les droits des animaux.
Sur tous ces sujets, il s’est engagé à travailler avec le Parlement européen pour trouver des solutions et faire avancer la législation, mais sans donner de calendrier précis.
Une série d’engagements
Pour les conservateurs, il s’est engagé à tenir un « dialogue stratégique » avec les agriculteurs sur l’avenir de l’agriculture et à adopter une approche « technologiquement neutre » de la transition écologique, affirmant que toutes les technologies, y compris l’énergie nucléaire, seront nécessaires pour atteindre l’objectif de neutralité climatique de l’Union européenne d’ici à 2050.
Aux membres de sa propre famille politique, les socialistes, il a réaffirmé son engagement à aborder les aspects sociaux de la transition écologique, en déclarant qu’il lancerait des « dialogues sociaux verts » avec les citoyens pour leur permettre de s’exprimer.
En ce qui concerne la politique industrielle verte, il a déclaré que l’Europe avait tiré les leçons de la débâcle de l’industrie solaire, qu’il lutterait contre la concurrence déloyale de la Chine et qu’il viserait une « autonomie stratégique » dans des technologies telles que les batteries de voitures électriques et les turbines éoliennes.
Il a également dénoncé la stratégie de Pékin visant à « éliminer » les industries européennes afin de créer une dépendance à l’égard des fournisseurs chinois, affirmant que cette approche avait déjà été testée dans le secteur de l’énergie solaire photovoltaïque et qu’elle se répétait à présent dans le domaine des technologies éoliennes.
« Nous aurons une série de dialogues sur la transition propre [avec les industries européennes] », a déclaré M. Šefčovič, faisant référence à une annonce faite le mois dernier par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Les domaines prioritaires sont l’hydrogène, les batteries automobiles, l’énergie solaire photovoltaïque et les matières premières essentielles.
Le commissaire européen slovaque a également fermement réfuté les accusations des eurodéputés selon lesquelles il était trop doux avec la Russie, affirmant qu’il était pleinement engagé dans les sanctions économiques contre Moscou pour sa guerre en Ukraine.
« Est-ce que je soutiens le soutien militaire à l’Ukraine ? Bien sûr que je le soutiens », a-t-il déclaré.
Il est toutefois resté évasif sur la révision de la politique chimique de l’UE, affirmant que la Commission travaillait sur une « révision ciblée » du règlement REACH visant à remplacer les substances toxiques. « Le travail sur REACH est en cours », a-t-il déclaré aux législateurs, affirmant que la Commission examinait attentivement tous les différents aspects de la révision et « vous présentera ce dossier lorsqu’il sera prêt ».
« Je suis toujours disponible et à la recherche de compromis », a déclaré M. Šefčovič en conclusion, ajoutant qu’il y avait encore « beaucoup à faire » pour parvenir à la neutralité climatique avant que la Commission européenne n’atteigne la fin de son mandat, le 31 octobre de l’année prochaine.
Réactions parlementaires
Les eurodéputés de droite ont réagi avec défiance après l’audition de M. Šefčovič, affirmant que le Parti populaire européen (PPE) n’était « pas convaincu » par sa performance. « Une discussion difficile nous attend », a-t-il ajouté sur X, anciennement Twitter.
Lors d’un entretien avec Euractiv avant l’audition, M. Canfin a déclaré que la décision était liée à la nomination de l’ancien vice-Premier ministre néerlandais Wopke Hoekstra, qui a été cuisiné par les eurodéputés lundi (2 octobre) pour occuper le poste de commissaire européen au climat, l’un des portefeuilles de Frans Timmermans.
Alors que M. Hoekstra est un conservateur, M. Šefčovič est un socialiste. Selon M. Canfin, prendre les deux décisions en même temps était un moyen pour les groupes politiques opposés de s’assurer que le candidat de leur rival ne soit approuvé que si leur propre candidat l’est. Chaque décision doit être soutenue par deux tiers de la commission pour être adoptée.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]