Le commissaire Kubilius appelle à un contrôle accru des projets européens de défense
Le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a plaidé mardi 14 octobre pour un renforcement du contrôle et de la supervision des grands projets de défense européens, alors que plusieurs initiatives menées par les États membres connaissent actuellement des difficultés.
Les États membres de l’UE ont longtemps hésité à accorder à Bruxelles un quelconque contrôle sur les questions de défense nationale, mais les projets en difficulté, tels que le système de combat aérien du futur, offrent à la Commission l’occasion de renforcer son contrôle.
« Jusqu’à présent, il n’y a eu que très peu d’exemples de réussite où des projets de défense menés conjointement par plusieurs États membres ont abouti », a déclaré le commissaire Kubilius lors de la Defence & Security Conference à Bruxelles.
Soulignant le « contraste frappant » avec les projets coordonnés par l’UE, tels que les initiatives spatiales européennes Galileo et Copernicus, Andrius Kubilius a déclaré que la Commission devrait faciliter et coordonner les futurs projets phares, même si « les États membres seront aux commandes ».
Le projet le plus important qui peine à progresser est le système de combat aérien du futur (SCAF), de 100 milliards d’euros. Le maître d’œuvre français, Dassault Aviation, souhaite obtenir davantage de contrôle sur le projet, ce à quoi s’oppose l’allemand Airbus Defence. Le Français a récemment déclaré qu’il était prêt à développer seul le chasseur de nouvelle génération,
Bien que moins médiatisé, le projet équivalent au sol, le char de nouvelle génération franco-allemand (MGCS), rencontre des problèmes similaires.
De nombreux projets militaires européens communs sont actuellement facilités par la coopération structurée permanente (CSP), qui a récemment appelé à se concentrer sur des projets à plus long terme.
Cependant, les projets de la CSP continuent de confier le rôle de coordination à un ou plusieurs pays participants plutôt qu’à une autorité européenne.
Les commentaires de Kubilius peuvent être interprétés comme signifiant qu’il souhaiterait voir une structure similaire à la CSP, mais avec davantage d’obligations de surveillance et de rapport à la Commission pour les futurs projets phares européens.
La Commission européenne doit dévoiler jeudi sa feuille de route pour 2030, une liste de projets de capacités et un calendrier pour concrétiser le livre blanc de mars, dans lequel davantage d’informations sur les projets phares sont attendues.
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(asg)