Projet d’avion de combat européen : l’Allemagne reste ferme face à la France
Le projet d’avion de combat européen se poursuivra, les Allemands et les Espagnols — qui collaborent avec la France sur ce projet — appelant à respecter la répartition des tâches établie initialement. Mais la France maintiendra-t-elle sa participation ?
Après plusieurs semaines tumultueuses marquées par des désaccords entre les contractants allemands et français, les craintes d’un échec du projet de système de combat aérien du futur (SCAF), estimé à 100 milliards d’euros visant, refont surface.
« Le projet n’est pas mort ; il y aura un SCAF », a déclaré cette personne, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible du sujet. « Il serait toutefois purement spéculatif pour l’instant de dire si la France y participera. »
Le projet, qui comprend un avion de chasse furtif, des drones autonomes et un cloud de combat, se trouve à un tournant, puisqu’il passe de la phase de planification à celle du développement d’un premier prototype d’appareil. Pour les entreprises impliquées, cette phase est l’une des rares occasions de renégocier les termes du projet — et la France compte bien acquérir plus de contrôle.
Depuis son lancement en 2017, le projet SCAF est en proie à des controverses.
Au cœur des tensions, Dassault Aviation, maître d’œuvre côté français, réclame davantage de poids dans les décisions. Une revendication mal accueillie par l’Allemand Airbus.
L’Espagne, troisième participant au projet avec son champion national de la défense Indra, s’est rangée du côté de l’Allemagne en estimant que l’accord initial de répartition des tâches entre l’Espagne, l’Allemagne et la France devait être respecté.
La question de savoir avec qui poursuivre le projet « est une décision qui ne peut être prise que par les politiques », a indiqué la source, ajoutant que la situation devrait être clarifiée d’ici la fin de l’année.
« Peu importe à qui je m’adresse [dans la sphère politique allemande], pour la première fois, j’ai le sentiment qu’il existe une volonté d’être résolu : soit cela fonctionne comme nous l’avons défini, soit cela ne fonctionne pas, auquel cas nous devons trouver une autre solution. »
La seule alternative, selon cette source, serait d’acheter davantage de F-35 fabriqués aux États-Unis et d’espérer que le prochain avion de combat américain de sixième génération, le F-47, sera disponible à l’exportation. « Je pense que ce ne sera pas le cas », a-t-elle toutefois ajouté.
La France prête à développer seule le futur avion de combat européen si les désaccords avec Berlin et Madrid persistent
« Si on ne parvient effectivement pas à trouver un accord sur une réorganisation du programme,…
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(asg)