Le divorce devient légal à Malte

Lors d'un vote historique, les députés maltais ont approuvé une législation vouée à légaliser le divorce cette semaine (25 juillet). Une faible majorité s'était en effet exprimée en faveur d'une modification de la loi lors d'un référendum en mai.

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Lors d'un vote historique, les députés maltais ont approuvé une législation vouée à légaliser le divorce cette semaine (25 juillet). Une faible majorité s'était en effet exprimée en faveur d'une modification de la loi lors d'un référendum en mai.

La loi a été adoptée à raison de 52 voix en faveur et 11 voix contre, avec cinq abstentions. En mai dernier, les citoyens maltais avaient approuvé ce changement malgré les réticences du premier ministre, Lawrence Gonzi, et de son Parti nationaliste.

Hormis une brève période de deux ans, où l'île est tombée sous le joug de Napoléon, le divorce n'a jamais été légal à Malte.

Il s'agit d'ailleurs du seul pays de l'UE à avoir interdit le divorce.

Par le passé, les citoyens maltais ne pouvaient obtenir le divorce qu'à l'étranger. Au cours de ces 30 dernières années, 775 couples ont divorcé de cette manière, avec des chiffres en progression constante, passant de sept en 1981 à 47 en 2010.

« Les amendements apportés au projet de loi initial sur le divorce ont amélioré la loi mais cela ne signifie pas que je m'en réjouisse », a déclaré M. Gonzi aux journalistes à l'issue du vote, pour lequel il a permis aux députés de voter en leur âme et conscience.

Il a ajouté que l’idée d'introduire le divorce dans un pays où 95 % de la population était catholique lui plaisait peu.

L'archevêque de La Valette, Paul Cremona, a fait savoir dans une lettre à ses fidèles qu'ils devaient choisir entre construire ou détruire les valeurs familiales.

En outre, des prêtres auraient menacé de refuser la communion à ceux qui ont voté « oui ». L'avortement est toujours interdit à Malte.

Malte a signé l'accord de l'UE sur le divorce transfrontalier.

L'an dernier, quatorze Etats membres de l'UE ont utilisé un mécanisme novateur de coopération pour tenter de simplifier les règles qui régissent le divorce pour les couples de différentes nationalités.

Les gouvernements de l'Union européenne ont donné leur feu vert à ces quatorze Etats lundi, une décision qualifiée d'« historique » par la commissaire européenne à la justice, Viviane Reding.

Les couples dans ces pays pourront choisir la loi de quel pays s'appliquera à leur divorce, ce qui leur permettra d'éviter des procédures potentiellement longues et coûteuses.

Il s'agit de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, de la Bulgarie, de l'Espagne, de la France, de la Hongrie, de l'Italie, de la Lettonie, du Luxembourg, de Malte, du Portugal, de la Roumanie et de la Slovénie.

Suite à l'approbation de ces nouvelles règles, le gouvernement maltais a déclaré que malgré son opposition au divorce, l'île souhaitait prendre part au mécanisme, dans la mesure où « il pense que ses intérêts seront mieux représentés et étant au sein du mécanisme qu'en dehors ».

Malte pourra en effet à présent être impliquée dans toutes les futures négociations sur la directive.