Le G20 fixe une date butoir pour un plan général de résolution de la crise de l’euro

Les leaders économiques mondiaux ont exhorté les dirigeants européens à faire preuve de détermination dans leurs actions pour résoudre la crise de la dette souveraine dans la zone euro d’ici au prochain sommet de l’UE, qui se déroulera dimanche prochain. Selon eux, l’indécision de l’Union mettrait l’économie mondiale en danger.

EURACTIV.fr / Reuters
Christine Lagarde IMF G20_Picnik.jpg
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Les leaders économiques mondiaux ont exhorté les dirigeants européens à faire preuve de détermination dans leurs actions pour résoudre la crise de la dette souveraine dans la zone euro d’ici au prochain sommet de l’UE, qui se déroulera dimanche prochain. Selon eux, l’indécision de l’Union mettrait l’économie mondiale en danger.

Les ministres des finances et les banquiers centraux du groupe des vingt plus grandes économies mondiales se sont exprimés avec une franchise quelque peu inhabituelle samedi (15 octobre). Ils ont affirmé qu'ils attendaient du sommet de l'Union européenne du 23 octobre qu'il relève les défis actuels à l'aide d'un plan général.

Le ministre français des finances, François Baroin, qui présidant la réunion, a déclaré que Berlin et Paris, les deux principales puissances de la zone euro, étaient en train d'élaborer un plan visant à réduire la dette grecque, à stopper la contagion et à protéger les banques européennes.

Les pays en dehors de la zone euro ont fait état des dégâts que la crise européenne causait déjà à leurs économies et ont affirmé qu'il était urgent que les dirigeants de la zone réagissent.

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a dit à la presse qu'il était rassuré de voir que les dernières mesures prises par l'UE pour mettre en place une stratégie globale contre cette crise qui dure depuis deux ans comprenaient les bons éléments, et notamment la recapitalisation des banques européennes.

« La stratégie n'est pas terminée et il faut encore travailler les détails, mais lorsque la France et l'Allemagne se mettent d'accord sur un plan d'action et décident d'agir, de grandes choses peuvent arriver », a avancé M. Geithner, avant d'ajouter : « Je me sens rassuré lorsque je vois la vitesse à laquelle ils avancent et la direction qu'ils prennent ».

Renforcer le FESF

Le communiqué publié à la suite du sommet exhorte la zone euro à maximiser l'impact du FESF, le fonds de sauvetage de la zone euro, afin d'éviter la contagion. Les représentants officiels de l'UE ont affirmé que l'option la plus probable serait d'utiliser ce fonds de 440 milliards d'euros pour fournir une assurance partielle sur les pertes encourues aux investisseurs qui achèteraient des obligations d'Etats membres en difficulté afin de stabiliser le marché.

Les idées initiales visant à accroître la capacité du fonds de sauvetage de la zone euro ont évolué et les décideurs politiques envisagent à présent que le fonds agisse comme une sorte d'assureur. Il pourrait, par exemple, couvrir les premiers 20 % de pertes qu'une banque pourrait enregistrer suite à l'achat d'obligations souveraines, ce qui multiplierait par cinq sa puissance de feu.

Les économies émergentes, frappées par les déboires du vieux continent, ont laissé entendre qu'elles pourraient allouer davantage de ressources au Fonds monétaire international pour aider les nations en difficulté.

« Nous avons bien compris que les marchés émergents s'inquiétaient beaucoup du risque de contagion posé par les économies développées », a déclaré la directrice du FMI, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse. Elle a promis d'aider les « victimes non consentantes de la crise économique ».

Toutefois, cette proposition n'a pas été bien accueillie par les Etats-Unis, entre autres, qui préfèrent laisser cette idée de côté pour le moment et faire assumer à l'Europe ses responsabilités.

La France et l'Allemagne détiennent la clé

Les deux grandes puissances de la zone euro, l'Allemagne et la France, tentent d'étoffer un plan de résolution de crise en amont du sommet de l'UE.

Il s'agira notamment de recapitaliser les banques, de rendre l'énorme dette grecque plus soutenable et d'accroître la puissance de feu du fonds de sauvetage de la zone euro.

Pour une fois, le programme est ambitieux. Toutefois, certains analystes craignent que, dans la mesure où les banques représentent la principale source d'investissements des entreprises en Europe, les obliger à lever plus de capitaux ne porte atteinte à une croissance déjà hésitante dans la région. Ils craignent également que la diminution de la dette grecque ne se révèle insuffisante pour éviter un défaut de paiement.

Il apparaît en outre que les banques créancières d'Athènes lutteront contre toute tentative de leur faire porter un fardeau encore plus lourd via la restructuration de la dette grecque. Le négociateur en chef du groupe de pression qui défend les intérêts des détenteurs d'obligations privés a déclaré qu'il n'était pas justifié d'imposer des pertes « volontaires » sur la dette supérieures aux 21 % définis en juillet, même si ces 21 % se révèlent aujourd'hui insuffisants.

Dans son communiqué, le G20 a promis de s'assurer que les banques disposent des capitaux nécessaires et qu'elles aient un accès suffisant aux financements. Il a affirmé que les banques centrales continueraient à fournir des liquidités aux banques.

La crainte d'un défaut de paiement grec a terni la confiance des marchés déjà volatiles fin juillet. Les titres mondiaux ont d'ailleurs chuté de 17 % par rapport à leur pic du mois de mai 2011.

Les titres sont toutefois remontés après que la France et l'Allemagne ont affirmé que fin octobre serait la date butoir pour la mise sur pied d'un plan d'action général.

Jean-Claude Trichet appelle à une modification du traité de l'UE

Dans le même temps, le président de la Banque centrale, Jean-Claude Trichet, s'est lui aussi exprimé en faveur d'une modification du traité de l'Union européenne afin de renforcer la gouvernance de la zone euro et d'éviter les crises à l'avenir.

« A mon avis il faut changer le traité pour être capable d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres », a déclaré M. Trichet sur les ondes d'Europe 1 dimanche.

Il a cependant ajouté qu'il pensait que les règles de gouvernance actuelles seraient appliquées plus vigoureusement à l'avenir, et ce même si le traité n'est pas amendé.

« Nous n'avons pas de budget fédéral, nous n'avons pas de fédération politique, donc nous devons respecter les contraintes et les règles de supervision mutuelles qui existent dans la zone euro », a-t-il expliqué.