Le G20 ne veut pas de la taxe sur les transactions financières
Les ministres des Finances du G20 ont rejeté massivement l’initiative européenne d’instaurer une taxe sur les transactions financières au niveau international.
Les ministres des Finances du G20 ont rejeté massivement l’initiative européenne d’instaurer une taxe sur les transactions financières au niveau international.
Le projet européen d’une taxe sur les transactions financières, largement défendu par la France et l’Allemagne, devait être un premier pas symbolique vers une mise en œuvre au niveau international.
Mais si elle veut poursuivre sur cette voie, l’Europe devra faire cavalier seul. Car les délégations américaine, canadienne, japonaise, indienne ou brésilienne ont toutes rejeté cette initiative lors du sommet du G20 Finance, samedi 15 octobre.
Dès 2014, dans la zone euro
« Il a été clairement dit que nous devons mettre en œuvre cette taxe en Europe parce qu’il n’y a pas de soutien à le faire sur un plan global », a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, après la réunion.
Paris et Berlin avaient espéré convaincre d’autres pays des avantages de cette taxe. Celle-ci pourrait ne voir le jour qu’au sein de la zone euro, car la Grande-Bretagne refuse de s’engager dans cette voie, si la communauté internationale ne suit pas.
La Commission européenne a proposé, fin septembre, que cette taxe entre en vigueur dès 2014 et s’applique à un champ très large de produits financiers mais avec un taux plancher particulièrement bas : 0,1% sur les échanges d’actions et d’obligations et 0,01% sur les échanges de produits dérivés.
57 milliards d’euros par an
Ni les particuliers ni les opérations sur le marché primaire de la dette souveraine et les émissions d’action en Bourse ne seront concernés par cette taxe, qui couvrira 85% des transactions financières.
Bruxelles estime qu’elle permettra de lever 57 milliards d’euros par an. Mais la question de son affectation reste floue.
La Commission a proposé que le produit de la TTF soit partagé entre le budget européen et celui des États. Or, sous la pression de nombreuses ONG, le président français avait suggéré qu’une partie des ressources serve à financer l’aide au développement.