Le gouvernement de Donald Tusk adopte officiellement une nouvelle stratégie migratoire
Le Premier ministre Donald Tusk a annoncé mardi 15 octobre que le gouvernement polonais avait officiellement adopté une nouvelle stratégie migratoire plus stricte, bien que cette stratégie ait suscité des divisions au sein de la coalition au pouvoir.
Le Premier ministre Donald Tusk a annoncé mardi 15 octobre que le gouvernement polonais avait officiellement adopté une nouvelle stratégie migratoire plus stricte, malgré les divisions au sein de la coalition au pouvoir.
Dévoilée par Donald Tusk (PO, PPE) samedi 12 octobre, la nouvelle approche du gouvernement, sous le titre de travail « Reprendre le contrôle, assurer la sécurité », a été critiquée pour avoir inclus une suspension territoriale temporaire des droits d’asile, que de nombreuses figures politiques du camp au pouvoir et de l’opposition considèrent comme légalement discutable.
Le Premier ministre a annoncé l’adoption de la stratégie sur X mardi après-midi, à la suite de la réunion hebdomadaire du gouvernement, ajoutant qu’elle était « difficile, mais nécessaire et attendue ».
Suspendre les droits d’asile, même temporairement et territorialement, pourrait violer la Convention de Genève, selon l’ancienne eurodéputée PO Janina Ochojska, ainsi que le député PiS de l’opposition et ancien ministre de la Défense Mariusz Błaszczak, qui a déclaré craindre qu’une telle mesure s’avère « inefficace ».
Donald Tusk a également annoncé samedi qu’il n’avait pas l’intention de mettre en œuvre le pacte européen sur la migration et l’asile, que les ministres de l’UE ont approuvé à la majorité qualifiée au début de l’année malgré l’opposition de Varsovie, de Budapest et de Bratislava.
Le document intitulé « Stratégie migratoire globale et responsable de la Pologne pour 2025-2030 » compte plus de 30 pages et se compose de huit chapitres. Il couvre des questions telles que l’accès au territoire, le droit d’asile, l’accès au marché du travail et l’intégration.
Les processus migratoires doivent être « régulés dans le détail et rester sous contrôle en ce qui concerne l’objet de l’arrivée, l’ampleur des flux et les pays d’origine des étrangers », précise le document.
Il a également été annoncé que « le gouvernement de la République de Pologne demandera un changement dans l’approche actuelle de l’octroi de l’asile ».
L’organe principal chargé d’élaborer la politique migratoire sera l’équipe interministérielle pour la Migration, dont les compétences doivent encore être définies en détail. L’équipe contrôlera la mise en œuvre de la stratégie et préparera son « examen complet à mi-parcours » pour la fin de l’année 2027.
La politique polonaise en matière de visas sera basée sur un « modèle sélectif », dans lequel le gouvernement formulera des règles pour les citoyens étrangers souhaitant entrer en Pologne. Les ressortissants d’un groupe de pays sélectionnés ou ceux qui possèdent des compétences « uniques » seront prioritaires.
Les visas seront accordés sur la base d’un certain nombre de critères, y compris le besoin de catégories spécifiques de travailleurs résultant d’investissements stratégiques dans le pays.
Il est également précisé que le gouvernement s’oppose à la réintroduction des contrôles frontaliers dans l’espace Schengen, comme l’a fait l’Allemagne le mois dernier. Selon la nouvelle stratégie, les contrôles aux frontières ne devraient être introduits qu’à titre temporaire, par exemple à l’occasion d’événements sportifs ou politiques majeurs.
« La clé pour résoudre le problème de la mobilité secondaire des migrants est de sécuriser correctement les frontières extérieures de l’UE », peut-on également lire dans le document.