Le gouvernement italien souhaite que l’UE revoie sa vision des Balkans occidentaux

L’Union européenne devrait de toute urgence développer une nouvelle vision en ce qui concerne les Balkans occidentaux et placer l’élargissement parmi ses priorités, a déclaré mardi la Première ministre Giorgia Meloni.

EURACTIV Italie
EU Council leaders meeting in Brussels
La Première ministre Giorgia Meloni s’est exprimée dans un message vidéo lors d’une conférence à Trieste intitulée « L’Italie et les Balkans occidentaux : croissance et intégration », organisée par le ministère italien des Affaires étrangères. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

L’Union européenne devrait de toute urgence développer une nouvelle vision en ce qui concerne les Balkans occidentaux et placer l’élargissement parmi ses priorités, a déclaré mardi (24 janvier) la Première ministre Giorgia Meloni.

Mme Meloni s’est exprimée dans un message vidéo lors d’une conférence à Trieste intitulée « L’Italie et les Balkans occidentaux : croissance et intégration », organisée par le ministère des Affaires étrangères, à l’initiative du ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre Antonio Tajani.

La conférence elle-même s’inscrit dans le cadre du programme gouvernemental visant à accélérer le processus d’adhésion des pays des Balkans occidentaux et à « apporter plus d’Italie » dans la région grâce à des investissements dans des « secteurs stratégiques ».

« Le gouvernement (italien) est là et est prêt à faire sa part pour renforcer la présence des entreprises italiennes dans les Balkans », a souligné Mme Meloni.

Diverses parties prenantes ont participé à l’événement, comme l’Enac, l’autorité italienne de l’aviation civile, Fincantieri, la société de construction navale du pays, et la banque Intesa SanPaolo.

Au cours de la conférence, M. Tajani a expliqué que le gouvernement souhaite encourager les investissements des entreprises italiennes dans les Balkans occidentaux afin de ne pas laisser la place à d’autres pays qui pourraient profiter de l’opportunité de croissance économique.

« Si nous sommes politiquement présents, avec nos entreprises et aussi avec nos troupes de maintien de la paix, il n’y a pas de danger que d’autres occupent l’espace. Il n’y a pas que la Russie, beaucoup sont intéressés par les Balkans. C’est pourquoi l’Italie et l’Europe doivent être plus présentes », a déclaré M. Tajani.

Ces propos ont été repris par le président de Fincantieri, le général Claudio Graziano.

« Les pays des Balkans doivent soit devenir fortement européens, soit risquer de tomber d’une manière ou d’une autre sous le joug d’autres puissances. Si l’on se rend dans les Balkans aujourd’hui, on y trouve de fortes communautés turques, de puissants intérêts chinois et la pénétration russe. »

La stabilité dans les Balkans occidentaux est également cruciale pour résoudre le problème de la migration clandestine, car des flux de migrants transitent par la région depuis la Turquie.

M. Tajani a également souligné que le gouvernement souhaite voir la région « dans l’orbite européenne » et sur le marché européen. Une question qui « s’est malheureusement ralentie ces dernières années parce qu’elle n’était pas considérée comme une priorité par certains pays européens », mais qui a retrouvé sa pertinence grâce à l’Ukraine, a déclaré l’ambassadeur d’Italie en Serbie, Luca Gori.

Le commissaire européen à l’Élargissement, Olivier Varhelyi, a également pris la parole lors de l’événement, appelant l’Italie à « se promouvoir plus fortement » dans les Balkans occidentaux et dans l’UE.

L’objectif de développer les économies locales et de créer de nouvelles possibilités d’emploi dans les Balkans comme en Italie est possible « grâce à la libéralisation des échanges, à l’élimination des barrières commerciales et à la promotion des investissements dans les pays des Balkans occidentaux », a déclaré la sous-secrétaire italienne à l’Économie, Sandra Savino.

Les échanges commerciaux entre l’Italie et les pays des Balkans occidentaux s’élèvent à 14 milliards d’euros, notamment avec les États membres de l’UE que sont la Croatie et la Slovénie, les candidats à l’adhésion comme le Monténégro, la Macédoine du Nord et l’Albanie, et les candidats potentiels, le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine.