Madère : le gouvernement régional renversé par une motion de censure

Mardi 17 décembre, le président du gouvernement de l’archipel portugais de Madère (PSD/PPE), Miguel Albuquerque, est devenu  le premier dirigeant régional à tomber suite à une motion de censure, après une décennie de mandat et quatre victoires électorales.

Euractiv.com avec Lusa
Swearing in ceremony of the Portuguese XXIV Constitutional Government
Le président du gouvernement régional de Madère Miguel Albuquerque lors de la cérémonie de prestation de serment du XXIVe gouvernement constitutionnel au palais d'Ajuda, à Lisbonne, au Portugal, le 2 avril 2024. [ EPA-EFE/MIGUEL A. LOPES]

Mardi 17 décembre, le président du gouvernement de l’archipel portugais de Madère (PSD/PPE), Miguel Albuquerque, est devenu  le premier dirigeant régional à tomber suite à une motion de censure, après une décennie de mandat et quatre victoires électorales.

La motion, déposée par le parti d’extrême droite Chega (Patriotes pour l’Europe), a été soutenue à l’unanimité par l’opposition, dépassant les 24 voix nécessaires à son approbation. Le gouvernement minoritaire social-démocrate a donc été démis de ses fonctions, mais restera en place jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé.

En novembre, le parti Chega a justifié la proposition de motion de censure en citant les poursuites judiciaires engagées contre Miguel Albuquerque et quatre secrétaires régionaux impliqués dans des enquêtes sur la corruption dans la région autonome.

Malgré l’effondrement de son gouvernement, Miguel Albuquerque a confirmé son intention de se représenter et ambitionne de remporter la victoire. « Si l’opposition fait tomber le gouvernement, nous exigerons des élections et nous irons aux élections pour gagner », a-t-il déclaré au début du mois de décembre.

La carrière politique de Miguel Albuquerque a débuté au milieu des années 1980, lorsqu’il est entré pour la première fois au parlement de Madère sous la bannière du Parti social-démocrate (PSD). Il a ensuite succédé à Alberto João Jardim à la tête du parti en 2015, après 40 ans de mandat de ce dernier, et a remporté la même année sa première élection à l’Assemblée législative régionale.

Cependant, ces dernières années, le président du gouvernement régional désormais démissionnaire, a éprouvé des difficultés pour obtenir une majorité absolue : en effet, lors des quatre dernières élections (2015, 2019, 2023 et 2024), le PSD n’a pas atteint les 24 sièges requis pour une majorité absolue, s’appuyant plutôt sur des coalitions avec d’autres partis.