Le Green Brief : le G7 a-t-il donné le coup de grâce à l’industrie du charbon ?
Le Green Brief d’Euractiv, vous propose un tour d’horizon de l’actualité concernant l’énergie et l’environnement dans toute l’Europe.
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Le charbon est la ressource énergétique qui pollue le plus. Il représente un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le Royaume-Uni avait réclamé avec éclat la fin du charbon lors de la COP26 en 2021, pour finalement obtenir un succès mitigé.
La dernière COP, organisée à Dubaï en décembre 2023, a également célébré l’adhésion d’acteurs majeurs comme les États-Unis à la Powering Past Coal Alliance, une organisation qui vise à arrêter progressivement la consommation de charbon.
Ainsi, les ministres du G7 se sont engagés en Italie la semaine dernière à mettre le charbon sur la touche « au cours de la première moitié des années 2030 », emportant le soutien des écologistes.
Mais les pays du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, États-Unis et UE) — qui représentent 40 % du PIB mondial, mais seulement 25 % des émissions de CO2 — sont-ils véritablement en train de mettre le charbon sur la sellette ?
Comme toujours avec le charbon, la situation revêt deux aspects contradictoires : d’un côté, la production d’électricité issue de la combustion de cette roche noire est en baisse, mais de l’autre, son niveau de consommation reste élevé du fait de son faible coût.
L’argument optimiste pour le climat est que les énergies renouvelables sont en bonne voie pour détrôner le charbon en termes de consommation.
Avec l’accord du G7, les troisième et quatrième pays qui consomment le plus de charbon — respectivement les États-Unis et le Japon — sont en passe d’abandonner ce combustible.
Cependant, la clause du G7 sur le bannissement de cette source d’énergie n’est pas aussi bien ficelée que l’auraient espéré les défenseurs du climat.
L’engagement du Japon à abandonner le charbon est particulièrement enthousiasmant pour l’Asie tout entière.
Une fois que le gouvernement japonais aura abandonné ses projets polluants de combustion conjointe d’ammoniac dans des centrales électriques au charbon, l’énergie propre l’emportera dans le pays.
Cette évolution reflète la tendance mondiale. Le think tank Ember, qui se consacre aux énergies propres, a constaté que si le charbon a permis de produire 35 % de l’électricité mondiale en 2023, les énergies renouvelables ont franchi la barre des 30 % pour la première fois cette même année.
Dave Jones, directeur du programme Global Insights chez Ember, estime par ailleurs que 2023 pourrait être la dernière année où les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté.
Cette situation est particulièrement bien illustrée au niveau de l’UE, où la part du charbon dans le bouquet électrique n’a jamais été aussi faible, à savoir 12 % en 2023. À titre de comparaison, l’utilisation du charbon a chuté d’un quart par rapport à 2022.
Il faut le répéter : malgré le soutien obstiné de la Pologne à son industrie du charbon et la sortie laborieuse de l’Allemagne du nucléaire, qui continue à exploiter du charbon, ce combustible est bel et bien en voie d’extinction en Europe.
En Afrique du Sud, huitième plus grand consommateur de charbon au monde, l’énergie solaire a permis à la compagnie d’électricité Eskom d’éviter les pannes d’électricité quotidiennes de plusieurs heures.
Malgré ces exemples encourageants, la Chine est toujours responsable de 55 % de la production mondiale d’électricité à partir de charbon, un chiffre absolument stupéfiant.
L’hypothèse la plus pessimiste pour le climat veut donc que la transition hors du charbon se fasse beaucoup plus lentement que prévu.
Les engagements politiques en faveur de l’abandon des combustibles fossiles risquent d’être balayés par des considérations économiques, notamment du fait des investissements considérables nécessaires pour abandonner rapidement le charbon, une énergie bon marché et si facile d’accès.
En témoigne le producteur de charbon Glencore, qui affiche un cours de l’action à des niveaux nettement supérieurs à ceux qui prévalaient avant la pandémie de Covid-19.
Comme l’a écrit Javier Blas, spécialiste des matières premières chez Bloomberg, reprenant les mots de l’ancien PDG de Glencore, Ivan Glasenberg : « Nous sommes trop polis pour admettre que l’économie mondiale reste, même à l’ère de la crise climatique, toujours aussi “excitée à mort” par le charbon… Mais, hélas, c’est le cas ».
— Nikolaus J. Kurmayer
Les principales actualités de la semaine
Pour approfondir
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L’actualité en bref
L’Allemagne va investir dans les secteurs de l’énergie et des transports dans les États baltes. En visite officielle à Riga lundi (6 mai), le chancelier allemand Olaf Scholz (SDP) a rencontré les Premiers ministres des trois États baltes : Evika Siliņa pour la Lettonie, Kaja Kallas pour l’Estonie et Ingrida Šimonyte pour la Lituanie.
Outre des échanges sur le soutien à l’Ukraine et le renforcement de la défense des trois pays face à la menace russe, le dirigeant allemand a discuté de l’élaboration et de la mise en œuvre de projets communs dans les domaines de l’énergie et des transports.
« L’Allemagne est notre partenaire stratégique en matière de sécurité et d’économie, et les échanges d’aujourd’hui l’ont confirmé », a déclaré Evika Siliņa, après avoir évoqué l’ouverture de discussions sur ces sujets lors de sa visite à Berlin le 27 mars.
Olaf Scholz a souligné que l’Allemagne travaille en étroite collaboration avec les pays baltes dans les domaines de la technologie numérique, de l’énergie et des transports, comme dans le cadre du projet de train à grande vitesse Rail Baltica, qui reliera les trois capitales de la région au reste de l’Union européenne.
« En ce qui concerne les énergies renouvelables, l’éolien en mer et l’hydrogène vert offrent un grand potentiel que nous voulons exploiter ensemble », a ajouté le dirigeant socialiste allemand.
« Les États baltes sont pour nous des partenaires de premier ordre, grâce à leur expérience, mais aussi à leurs spécificités géographiques, que nous pouvons exploiter ensemble », a conclu Olaf Scholz, présageant une augmentation des investissements de l’Allemagne dans le secteur de l’énergie dans la région.
(Nathan Canas | EURACTIV.com)
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De l’hydrogène dans des… sacs ? Lors d’une visite en Namibie jeudi (2 mai), le roi Philippe de Belgique a assisté à un spectacle curieux : de l’hydrogène rempli dans des sacs en plastique de 100 litres et attaché sur le dos — évoquant les conteneurs de gaz très dangereux dont les Pakistanais pauvres dépendent pour cuisiner — comme résultat phare d’un accord sur l’hydrogène signé en 2021. Le projet vise à permettre aux Namibiens d’utiliser le gaz pour cuisiner ou pour produire de l’électricité à distance.
Lorsque les experts en énergie se sont penchés sur la question, le projet a été rapidement écarté. Philippe Smet, chercheur à l’université de Gand, a souligné que le sac contenait au mieux 9 grammes d’hydrogène, soit suffisamment d’énergie pour faire bouillir 4 litres d’eau. La meilleure solution serait de distribuer des piles ou d’installer directement des panneaux solaires sur place.
« Espérons que ce projet ne privera pas de subventions les projets qui font la différence », a-t-il ajouté.
(Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV.com)
Agenda
- 30 MAI. Conseil « Énergie ».
- PRINTEMPS 2024. Première Évaluation européenne des risques climatiques.
- 6-9 JUIN. Élections européennes.
- 17 JUIN. Conseil « Environnement » (Luxembourg).
- 27-28 JUIN. Conseil européen.
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[Édité par Nathan Canas]