Le ministre du Commerce juge « bancale » la stratégie de Cameron sur l’UE
Vince Cable, le ministre britannique du Commerce, s'est distancié de la stratégie de David Cameron sur l'Union européenne, et appelle de ses vœux la mise en place du marché unique numérique, qui convaincrait les Britanniques des avantages de l'UE.
Vince Cable, le ministre britannique du Commerce, s’est distancié de la stratégie de David Cameron sur l’Union européenne, et appelle de ses vœux la mise en place du marché unique numérique, qui convaincrait les Britanniques des avantages de l’UE.
Les positions eurosceptiques du premier ministre britannique David Cameron agacent jusque dans les rangs de son gouvernement. Le ministre du Commerce, Vince Cable, issu du Parti libéral démocrate, une formation pro-européenne a pris ses distances de même que l’ensemble de son parti, sur les positions du gouvernement sur l’immigration et la sortie de l’UE.
« La libre-circulation des personnes – l’immigration – est devenue un sujet toxique partout en Europe, et le Royaume-Uni ne fait pas exception », a regretté Vince Cable. «Les abus liés aux aides sociales dont profitent certains immigrants doivent être supprimés, ces choses-là sont inacceptables… mais nous devons défendre la liberté de circulation des travailleurs, ce principe doit être respecté » a-t-il déclaré à l’occasion d’un& événement organisé tous les ans à& Bruxelles ;par le groupe de réflexion The Lisbon Council, la Robert Schumann lecture.
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Les Britanniques se rendront aux urnes le 7 mai lors d’élections législatives dont l’issue semble incertaine, même si elles devraient porter au pouvoir une nouvelle coalition gouvernementale (voir Contexte).
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Référendum
En ce qui concerne la proposition de référendum de David Cameron et des conservateurs, le ministre est tout aussi clair : « leur stratégie est bancale puisqu’elle repose sur l’assurance que les autres pays accepteront les exigences britanniques. Elle donne donc à penser que des changements sont possibles. Ce n’est pas que nous ne voulons pas réformer la bureaucratie européenne, qui pose problème, mais la meilleure façon de le faire est de coopérer de manière constructive avec des États dans le même état d’esprit. »
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Vince Cable a fait référence au dernier référendum britannique sur l’adhésion à l’UE, qui s’appelait encore Communauté économique européenne, et souligné qu’à l’époque l’Europe représentait un espoir de dynamisme économique pour le Royaume-Uni, « ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».
« Pour prouver la valeur de l’UE, nous devons montrer que le marché unique fonctionne et engendre une croissance économique et des avantages », indique-t-il.
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Il s’est inquiété de voir l’influence britannique en Europe fondre. Il partage donc sur ce point l’opinion que Peter Mandelson, ancien commissaire européen, exprimait lors d’un entretien avec EURACTIV le 3 décembre dernier.
« Je m’inquiète du statut du Royaume-Uni. Il me semble que certains pays en ont assez d’être constamment agressés alors que l’on peut tout à fait faire avancer les choses de manière constructive et plus tempérée », indique Vince Cable, critiquant par là la stratégie de David Cameron dans ses relations avec l’UE.
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Marché unique numérique
Quant au marché unique numérique, l’une des propositions phares de la Commission Juncker, le ministre estime que la gestion en « patchwork » de l’économie numérique dans les 28 États membres, avec chacun ses propres réglementations, était pour l’instant décevante pour les Européens.
« Non seulement le marché unique numérique générerait près de 340 milliards d’euros dans les économies du Royaume-Uni et de la zone euro, mais il rendrait également les prix plus justes, permettrait la création de jeunes entreprises en 24 heures et aiderait les entreprises à vendre leurs produits dans toute l’Europe », rappelle-t-il.
« Un marché unique en ligne donnerait aussi aux consommateurs la possibilité d’acheter des produits numériques en ligne dans un cadre suffisamment protégé, et l’assurance que les informations qu’ils fournissent ne seront pas utilisées à mauvais escient. À l’heure actuelle, plus de ma moitié des consommateurs britanniques décident de payer plus cher pour acheter des produits en ligne au Royaume-Uni plutôt qu’à l’étranger parce qu’ils sont sûrs de pouvoir se faire rembourser en cas de problème. »
Les déclarations de Vince Cable reflètent l’attitude du gouvernement britannique quant au marché unique et aux sujets liés au commerce. Le Royaume-Uni soutient des propositions selon lesquelles les entreprises n’auraient pas besoin d’avoir une adresse physique dans un pays pour créer un site Internet dans son domaine (.fr, .be ou .co.uk, par exemple) et les jeunes entreprises pourraient bénéficier d’un cadre juridique unique pour les entreprises en ligne, qui leur permettrait de se créer en 24 heures, sans devoir répéter ce processus dans chaque État membre.
L’UE « n’arrive pas à convaincre du bien-fondé du partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement les citoyens britanniques et d’autres pays pour une série de raisons, qui vont du protectionnisme aux inquiétudes de certains que le TTIP abaisserait les normes européennes, estime-t-il.
Nous devons catégoriquement défendre la libéralisation du commerce. Soyons clairs : il ne s’agit pas d’abaisser les normes européennes […], si nous échouons, ce sera un signe que l’Europe a atteint la limite de ses capacités en termes de libre-échange et cela résulterait en un retour à des formes de commerce nationalistes ».
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