Le ministre français défend le pacte sur l’immigration [FR]
Contestant les critiques formulées par la presse et certains eurodéputés, le ministre français de l’Immigration et de l’Intégration Brice Hortefeux a réaffirmé la nécessité d’un pacte européen sur l’immigration et l’asile en présentant les priorités de la présidence française de l’UE devant la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures du Parlement européen le 15 juillet.
Contestant les critiques formulées par la presse et certains eurodéputés, le ministre français de l’Immigration et de l’Intégration Brice Hortefeux a réaffirmé la nécessité d’un pacte européen sur l’immigration et l’asile en présentant les priorités de la présidence française de l’UE devant la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures du Parlement européen le 15 juillet.
Jugeant qu’il est impossible de gérer efficacement les flux migratoires impossible sans une coordination au niveau européen, M. Hortefeux a ajouté que la priorité du pacte de la présidence française, présenté lors de la réunion (EURACTIV 07/07/08) des ministres de la Justice et des Affaires intérieures le week-end dernier, serait de renforcer et de rationaliser le processus de coordination.
Il a ensuite contesté les allégations formulées par la presse, qui affirmait que le document français initial avait été édulcoré après que deux des éléments les plus controversés du pacte – l’interdiction générale des régularisations massives et la notion de « contrats d’intégration » obligeant les immigrés à suivre des cours de langue et sur la culture de leur pays d’accueil – avaient été abandonnés afin de s’assurer l’appui du gouvernement espagnol.
En revanche, M. Hortefeux a souligné que son collègue espagnol Pérez Rubalcaba avait en réalité contribué à renforcer certains aspects du pacte, notamment en soutenant une formulation plus claire et intransigeante quant à l’expulsion des immigrants illégaux.
M. Hortefeux, réitérant son soutien à l’initiative en faveur d’une immigration légale sélective dans le cadre de la proposition de « carte bleue » européenne, a déclaré que les politiques de l’UE en matière de migration doivent être sélectives et concertées. Il espère également parvenir à un accord sous la présidence française, le principal obstacle consistant à définir exactement ce qu’est un « travailleur hautement qualifié ». A ce propos, le ministre estime qu’il serait possible d’aller de l’avant en liant certains critères minimum à des salaires moyens calculés statistiquement.
Parallèlement, M. Hortefeux, qui s’occupe aussi du développement et de la coopération dans le cabinet Sarkozy-Fillon, a souligné l’importance d’une action concertée avec les pays tiers. En réponse aux inquiétudes formulées par plusieurs eurodéputés quant à l’immigration sélective, qui constitue selon eux une forme de pillage de la main-d’œuvre des pays tiers, M. Hortefeux a confirmé l’engagement de la présidence française en faveur d’une migration circulaire, d’investissements dans les pays tiers et d’accords bilatéraux.
La mise en place d’un cadre commun pour l’intégration des immigrés fait également partie des objectifs du pacte sur l’immigration, a rappelé le ministre, signalant que jusqu’à présent, les politiques d’intégration des 27 Etats membres varient sensiblement : en Allemagne par exemple, l’intégration n’est pas du ressort du gouvernement fédéral, mais de celui des Länder.
Pour M. Hortefeux, l’intégration implique d’assurer la cohésion sociale et la stabilité. II a ajouté qu’il est extrêmement difficile de trouver des mesures concrètes qui puissent être mises en œuvre dans l’ensemble des Etats membres même si tous s’accordent sur le fait que la langue, l’éducation et le logement constituent des facteurs essentiels à une intégration réussie.
Le pacte sur l’immigration et l’asile devrait être adopté lors du sommet de l’UE du 15 octobre.