Le Parlement européen ferme ses portes aux diplomates iraniens
Le Parlement européen a décidé d’interdire l’accès de ses locaux aux diplomates iraniens, en réaction à la répression violente des manifestations par les autorités de Téhéran, a annoncé lundi 12 janvier la présidente de l’institution, Roberta Metsola.
Selon un responsable du Parlement européen, cette interdiction s’applique à l’ensemble des bâtiments de l’institution à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, ainsi qu’à tous ses bureaux de liaison dans les villes européennes.
Ces dernières semaines, Roberta Metsola s’est publiquement opposée à l’ambassade d’Iran à Bruxelles, affirmant son soutien aux manifestants iraniens. En réponse, la mission iranienne auprès de l’Union européenne a accusé la présidente maltaise d’« hypocrisie répugnante » dans un message publié sur les réseaux sociaux la semaine dernière.
Dans une nouvelle publication diffusée lundi sur les réseaux, Roberta Metsola a déclaré que le Parlement européen « ne contribuera pas à légitimer un régime qui se maintient par la torture, la répression et le meurtre ».
« J’ai pris la décision d’interdire à tous les diplomates, membres du personnel des missions diplomatiques, fonctionnaires et représentants de la République islamique d’Iran l’accès à tous les locaux du Parlement européen », a précisé la présidente de l’hémicycle dans un courriel adressé lundi à tous les députés et membres du personnel, qui a été consulté par Euractiv.
« Nos services ont reçu pour instruction de refuser l’entrée à tout représentant qui tenterait d’entrer, avec effet immédiat », expliquait-elle encore.
Les députés européens sont toutefois toujours autorisés à dialoguer avec les représentants de Téhéran, car les directives datant de 2023 qui limitaient les interactions avec les diplomates iraniens ont expiré, a souligné un deuxième responsable du Parlement.
Un porte-parole du Parlement a déclaré que Roberta Metsola était habilitée à prendre cette mesure car, en vertu de l’article 22 du règlement intérieur de l’institution, elle est responsable de la « sécurité et de l’inviolabilité des locaux ».
Certains eurodéputés veulent aller encore plus loin. Hannah Neumann, eurodéputée allemande du groupe des Verts, a par exemple appelé les États membres de l’UE à expulser les diplomates iraniens.
Vers de nouvelles sanctions ?
La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué dimanche 11 janvier qu’elle était prête à proposer de nouvelles sanctions contre l’Iran.
« Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions plus sévères à la suite de la répression violente des manifestants », a affirmé Anouar El Anouni, porte-parole de la Commission, aux journalistes.
Toutefois, les 27 gouvernements de l’UE devraient tous accepter d’imposer des sanctions.
Les Pays-Bas font pression pour que l’UE inscrive le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes, a déclaré lundi le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Le ministre néerlandais souhaite également des sanctions « ciblées » contre ceux qui violent les droits de l’Homme et ferment les canaux de communication.
Roberta Metsola et les dirigeants des groupes politiques du Parlement rencontreront Kaja Kallas mercredi 14 janvier.