Le Parlement européen soutient la libération du Belge emprisonné en Iran
Le Parlement européen a voté une proposition de résolution sur la réponse de l’UE aux manifestations et exécutions en Iran qui « condamne fermement la condamnation » d’Olivier Vandecasteele, le Belge emprisonné en Iran récemment condamné à 40 ans de prison et 74 coups de fouet.
Jeudi (19 janvier), le Parlement européen a voté une proposition de résolution sur la réponse de l’Union européenne aux manifestations et exécutions en Iran dans laquelle il « condamne fermement la condamnation » d’Olivier Vandecasteele, le Belge emprisonné en Iran depuis février 2022 et récemment condamné à 40 ans de prison et 74 coups de fouet. Le Belge a par ailleurs « fêté » ce jeudi son 42e anniversaire dans une prison du pays.
Dans sa proposition de résolution, le Parlement explique que la condamnation de M. Vandecasteele est basée sur « des accusations d’espionnage montées de toutes pièces » et sur « l’utilisation cynique de la diplomatie des otages pour forcer la libération du terroriste condamné Asadollah Asadi ».
En effet, plusieurs experts, hommes politiques et journalistes ont indiqué que M. Vandecasteele était utilisé par l’Iran comme monnaie d’échange pour M. Assadi, un diplomate iranien condamné en Belgique pour un projet d’attentat à la bombe contre l’opposition iranienne en France qui devait avoir lieu à Villepinte lors d’un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), une faction de l’opposition iranienne à l’étranger.
L’année dernière, la Belgique a négocié un échange de prisonniers avec l’Iran, qui aurait permis l’échange de M. Assadi contre Vandecasteele. Toutefois, la Cour constitutionnelle belge a décidé de suspendre l’accord le mois dernier, car M. Assadi aurait pu échapper à sa peine et être libéré en Iran. En février, la Cour déterminera si le traité doit être abandonné ou non.
La motion du Parlement condamne également le « maintien en prison et la condamnation à mort » du scientifique irano-suédois Ahmadreza Djalali et demande la « libération immédiate de tous les ressortissants de l’UE arrêtés » dans le pays. Sept Français en font partie.
En réponse à une question d’un eurodéputé sur le cas de M. Vandecasteele, le commissaire européen à la Justice Didier Reynders a déclaré : « Nous sommes en contact avec les autorités belges qui ont la responsabilité consulaire dans cette situation et nous soutenons complètement les efforts consulaires mis en œuvre par chaque État membre dans une telle situation ».
Les eurodéputés ont abordé les condamnations de ressortissants de l’UE dans le cadre d’un appel plus large à une réponse plus sévère de l’Union face à l’Iran.
Ils ont notamment mentionné les récentes exécutions de quatre personnes ayant participé aux manifestations contre le régime — dont un ressortissant iranien d’origine britannique —, la répression violente soutenue par le pouvoir, la torture dans les prisons, les arrestations de journalistes, et la fourniture par l’Iran de drones à la Russie qui ont été utilisés contre des civils en Ukraine.
La résolution appelle plus largement à étendre les sanctions et à placer le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes.
En Belgique, la Chambre des représentants a approuvé jeudi à l’unanimité une résolution exigeant la « libération immédiate » de M. Vandecasteele ainsi qu’une amélioration de ses conditions de détention, a rapporté hier le journal belge Le Soir.
La Chambre demande au gouvernement « d’utiliser tous les moyens diplomatiques » pour demander aux autorités iraniennes la libération immédiate du travailleur humanitaire et de porter la question à l’ordre du jour du Conseil de l’UE, entre autres.
Elle recommande également de solliciter l’intervention diplomatique d’un pays tiers pour obtenir cette libération ou au moins une amélioration des conditions de détention de M. Vandecasteele. Selon les médias belges citant des sources au fait du dossier, le Qatar pourrait servir de médiateur, son influence ayant déjà été utile lors du rapatriement en urgence de citoyens occidentaux après la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan.
Un amendement proposant explicitement à la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib et au Premier ministre Alexander De Croo de se rendre en Iran pour obtenir la libération de M. Vandecasteele a toutefois été rejeté.