Le parlement italien veut criminaliser la gestation pour autrui à l’étranger

Les partis de droite au gouvernement ont proposé de faire de la gestation pour autrui (GPA) un « crime universel », ce qui impliquerait que les citoyens italiens à l’étranger pourraient être poursuivis, afin de décourager le « tourisme procréatif », selon la députée d’extrême droite Carolina Varchi.

EURACTIV Italie
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La pratique des mères porteuses est déjà interdite en Italie, mais le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni s’est lancé dans une bataille pour poursuivre légalement les citoyens italiens revenant en Italie après avoir eu recours à la GPA dans des pays où cette pratique est légale et réglementée. [Shutterstock/Tolikoff Photography]

Les partis de droite au gouvernement ont proposé de faire de la gestation pour autrui (GPA) un « crime universel », ce qui impliquerait que les citoyens italiens à l’étranger pourraient être poursuivis, afin de décourager le « tourisme procréatif », selon la députée d’extrême droite Carolina Varchi, qui a présenté le projet de loi lundi (19 juin).

La pratique des mères porteuses est déjà interdite en Italie, mais le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni — Fratelli d’Italia (FDI/CRE) — s’est lancé dans une bataille pour poursuivre légalement les citoyens italiens revenant en Italie après avoir eu recours à la GPA dans des pays où cette pratique est légale et réglementée.

Selon la majorité gouvernementale, le nouveau crime universel « découragera le recours à cette pratique, en stoppant le tourisme procréatif et plus généralement ce marché », a déclaré Mme Varchi.

Le gouvernement de droite est uni en faveur de la proposition, tandis que la gauche est divisée. Bien qu’ils considèrent le projet de loi comme juridiquement incorrect, plusieurs députés de gauche s’opposent à la gestation pour autrui.

En particulier, les députés sont divisés sur la contre-proposition de l’association Luca Coscioni pour une « gestation pour autrui solidaire », déposée à la Chambre des députés par Riccardo Magi, leader de Più Europa, et au Sénat par Ivan Scalfarotto, membre d’Italia Viva (Renew).

La « gestation pour autrui solidaire » prévoit la volonté d’une femme de mener à bien une grossesse sans compensation. Selon cette « contre-proposition », la femme enceinte — qui doit avoir moins de 40 ans, être déjà mère et disposer d’un revenu — doit d’abord se soumettre à des examens médicaux et à un suivi psychologique pour s’assurer de sa bonne santé et de son libre arbitre.

« Le projet de loi sur la GPA solidaire condamne fermement toute forme d’exploitation et de commercialisation (…), en plaçant au centre les droits de toutes les personnes concernées et en garantissant l’accès à cette technique de fécondation assistée à toutes celles qui en ont besoin, avec la protection absolue des personnes nées en Italie ou à l’étranger », peut-on lire dans une note.

Avant le débat dans l’hémicycle, une manifestation contre la proposition du gouvernement a eu lieu devant le Parlement. Au cours de la manifestation, M. Magi et le député Benedetto della Vedova (Più Europa) ont montré une pancarte portant le slogan « Parents, pas criminels ».

« Il est pris pour acquis qu’aucune femme ne peut avoir la volonté de porter une grossesse pour d’autres, et nous devons considérer cela comme une certitude. Y a-t-il quelqu’un qui puisse s’ériger en gardien de la volonté d’une femme sans même l’écouter ? », a demandé M. Magi lors du débat au Parlement.

Outre les positions politiques, le crime « universel » semble poser des problèmes de procédure. Selon l’avocate Filomena Gallo, de l’association Luca Coscioni, la loi proposée par le gouvernement n’a pas d’avenir.

« Le simple fait que la gestation pour autrui soit légale et réglementée dans certains pays ne permet pas de la qualifier de crime universel », a expliqué l’avocate.

De plus, la Première ministre a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et a été critiquée par les médias de gauche jeudi dernier, lorsqu’elle a rencontré à Rome le milliardaire américain Elon Musk. Les photos de Giorgia Meloni prenant le fondateur de Tesla dans les bras posent question sur les deux poids deux mesures du gouvernement italien, la fille d’Elon Musk étant elle-même née par le biais de la gestation pour autrui.

[Édité par Anna Martino]