Le PSOE espagnol rejette l’alliance avec Giorgia Meloni
Teresa Ribera, tête de liste du PSOE (S&D) pour les Européennes de juin, a précisé mardi (28 mai) que tout type d’accord politique avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) ou toute autre force « ultra » en Europe était exclu.
La ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, tête de liste du Parti socialiste-ouvrier (PSOE, Socialistes et Démocrates européens/S&D) du Premier ministre Pedro Sánchez pour les Européennes de juin, a précisé mardi (28 mai) que tout type d’accord politique avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) ou toute autre force « ultra » en Europe était exclu.
Mme Ribera, candidate probable au poste de commissaire à l’Énergie dans le futur exécutif européen, a clarifié les intentions de son parti et du PSE lors d’une série de conférences de presse organisées par EFE, partenaire d’Euractiv, avec les candidats espagnols aux élections européennes.
« Je n’ai jamais envisagé un pacte avec Mme Meloni », at-elle déclaré.
Selon la ministre espagnole, ce serait une erreur de penser que le S&D pourrait même envisager un accord avec les forces, telles que Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, qui gouverne en coalition avec les conservateurs de Forza Italia et la Lega de Matteo Salvini.
Par ses propos, Mme Ribera a tenté de mettre fin à la polémique née quelques jours plus tôt à Madrid sur l’hypothèse d’un éventuel pacte entre le S&D et la CRE, au sein de laquelle est représentée la formation d’extrême droite VOX, troisième force du parlement espagnol.
« Je n’ai jamais envisagé un pacte avec Mme Meloni. L’extrême droite est toujours l’extrême droite », a déclaré la tête de liste du PSOE dans la course aux élections européennes.
« La position du groupe des sociaux-démocrates (S&D) est claire depuis le début », a-t-elle ajouté.
« Ce dont nous avons besoin, c’est que la droite traditionnelle (PPE) retrouve sa conviction de l’importance de continuer la construction d’un projet européen pour tous », a-t-elle poursuivi.
Giorgia Meloni et Viktor Orban ne sont pas les mêmes aux yeux du PPE
Tandis que des rumeurs circulent sur de possibles alliances entre la Première ministre italienne et le groupe plus radical Identité et Démocratie (ID) de Marine Le Pen, Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire (PP, PPE) et de l’opposition espagnole, a surpris en Espagne par ses récents commentaires sur Mme Meloni, qu’il ne considère pas comme une leader « ultra ».
Dans une interview diffusée par la station de radio privée Onda Cero, M. Núñez Feijóo a déclaré que le PPE « ne devrait pas faire de pacte avec l’extrême droite », mais il a nuancé ses propos en disant qu’il ne considérait pas Mme Meloni comme faisant partie de ce groupe, car elle était « pro-européenne ».
Le parti de droite de M. Núñez Feijóo gouverne dans plusieurs régions et municipalités dans le cadre de pactes parfois très controversés avec l’extrême droite VOX depuis 2023.
« Nous ne devrions pas conclure de pacte avec l’extrême droite en Europe […] Mme Meloni défend l’État de droit, a signé le pacte sur l’immigration et se déclare pro-européenne. Et dans ce contexte, je continue à dire qu’elle n’est pas l’équivalent de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois », a affirmé le dirigeant du PP.
Ses propos s’alignent sur les récentes déclarations de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (PPE), qui a laissé la porte ouverte à une éventuelle coopération avec le groupe CRE de Mme Meloni, qui comprend VOX, Fratelli d’Italia et le parti conservateur polonais Droit et Justice (PiS).
« Ils (le PPE et Mme von der Leyen) ont commis une première erreur. Je ne sais pas s’ils en sont conscients ou non, mais je sais que cela doit être stoppé dans les urnes », a averti Mme Ribera mardi.