Le G7 soutient le plafonnement du prix du pétrole russe en attendant la position unifiée de l'Union européenne
Les ministres des finances du G7 ont convenu vendredi (2 septembre) d’imposer un plafonnement des prix du pétrole russe afin de réduire les revenus de Moscou tout en maintenant la circulation du brut et en évitant les pics de prix.
Les ministres des finances du G7 ont convenu vendredi (2 septembre) d’imposer un plafonnement des prix du pétrole russe afin de réduire les revenus de Moscou tout en maintenant la circulation du brut et en évitant les pics de prix, sans toutefois en définir les détails.
Les prix de l’énergie ont bondi à la suite de la décision de la Russie de lancer une invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février, suivie de sanctions économiques sans précédent contre Moscou, suscitant la crainte que les revenus soient utilisés pour alimenter la guerre en Ukraine.
« Nous confirmons aujourd’hui notre intention politique commune de finaliser et de mettre en œuvre une interdiction globale des services qui permettent le transport maritime du pétrole brut et des produits pétroliers d’origine russe à l’échelle mondiale », peut-on lire dans la déclaration des ministres des finances des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Canada et du Japon.
Le niveau du prix plafond par baril serait déterminé ultérieurement « sur la base d’une série d’éléments techniques » à convenir par la coalition de pays qui le mettront en œuvre, ont-ils indiqué dans leur déclaration après la réunion virtuelle de vendredi.
La fourniture de services de transport maritime, y compris l’assurance et le financement, ne serait autorisée que si les cargaisons de pétrole russe sont achetées à un prix inférieur ou égal au seuil « déterminé par la large coalition de pays adhérant et appliquant le plafonnement des prix ».
La déclaration des ministres des finances des sept plus grandes puissances économiques occidentales (G7) fait suite à la décision prise par leurs dirigeants en juin d’étudier le plafonnement. Côté russe, Moscou affirme ne pas vouloir respecter le plafonnement en expédiant du pétrole à des États n’obéissant pas à la future mesure.
Depuis cette décision, les représentants américains se sont efforcés de trouver un consensus au sein du G7 sur les grandes lignes du plafond et sur la manière dont il serait mis en œuvre.
Obtenir l’accord de tous les États membres de l’Union européenne
Les responsables de l’administration de M. Biden se sont montrés confiants quant à leur capacité à obtenir un soutien international pour imposer le plafonnement des prix, en partie grâce aux progrès réalisés au G7, mais reconnaissent qu’il sera plus difficile de rallier tous les États membres de l’UE à ce plan.
« Un plafonnement des prix […] permet de s’assurer que chaque pays peut obtenir le prix le plus bas possible, ce qui est bon pour le monde », a déclaré James O’Brien, le coordinateur des sanctions du département d’État américain, à des journalistes à Bruxelles avant des réunions avec ses homologues de l’UE.
Dans leur déclaration commune, les sept ministres ont indiqué qu’ils s’efforceraient de finaliser les détails, l’objectif étant que le mécanisme de plafonnement soit mis en œuvre en même temps que les embargos de l’UE sur les importations de pétrole russe dans le bloc à partir de décembre.
Les mesures de l’UE doivent prendre effet le 5 décembre pour le brut et le 5 février de l’année prochaine pour les produits bruts raffinés.
Bien que la Commission européenne ait signalé son soutien au système, les États membres de l’UE doivent encore soutenir le plan, car il nécessitera de modifier ou d’amender le sixième paquet de sanctions du bloc.
Des États membres comme la Hongrie, qui ont précédemment fait pression pour que le pétrole qu’ils achètent à la Russie par oléoduc soit exempté de l’interdiction d’importation de l’UE, n’ont pas encore accepté un tel plan.
Certains fonctionnaires et diplomates de l’UE ont également exprimé leurs craintes qu’un tel débat puisse « ouvrir la boîte de Pandore » et permettre à certains États membres d’édulcorer les mesures de sanctions existantes.
Par ailleurs, les ministres du G7 ont déclaré qu’ils chercheraient à obtenir une coalition plus large de pays importateurs de pétrole pour acheter du brut et des produits pétroliers russes uniquement au prix plafond ou en dessous et qu’ils les inviteraient à contribuer au plan.
La Russie menace de stopper ses exportations vers les pays qui plafonneraient
La Russie a menacé jeudi (1er septembre) de cesser de vendre du pétrole à tout pays qui adopterait un mécanisme de plafonnement des prix. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré vendredi que cette décision serait « absurde » et « conduirait à une déstabilisation significative des marchés pétroliers », selon Interfax.
En privé, les responsables occidentaux ont toutefois répété ces dernières semaines qu’ils ne voyaient pas Moscou mettre ses menaces à exécution.
« La Russie a besoin de faire tourner sa machine énergétique et a besoin d’argent. Ce qu’elle choisit de faire est sa décision », a déclaré M. O’Brien aux journalistes à Bruxelles lorsqu’il a été interrogé sur les propos de la Russie.
Mais alors que les États-Unis et l’Europe ont pris des mesures pour se détacher du pétrole russe, d’importants importateurs comme la Chine et l’Inde l’ont acheté à des prix fortement réduits.
Certains responsables du G7 ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que le plafonnement des prix ne serait pas un succès sans leur participation.
Parallèlement, certains responsables ont souligné avant l’annonce de vendredi que le soutien des pays tiers qui achètent de grandes quantités de pétrole russe sera nécessaire pour que le plafonnement soit le plus efficace possible.