Le plan de Matteo Salvini pour unir l'extrême-droite européenne n'a aucun sens, selon un membre clef du parti

« Si Salvini veut travailler au sein des institutions, il doit faire un choix précis », a déclaré M. Giorgetti. « Je comprends qu’il soit reconnaissant à Le Pen de l’avoir accueilli dans son groupe il y a dix ans. Mais former une alliance avec l’AfD n’a aucun sens », a-t-il ajouté.

EURACTIV Italie
Control room for internationalization session in Rome
Giancarlo Giorgetti, a commenté le projet du chef de son parti, Matteo Salvini, de lancer une alliance européenne d’extrême droite. [ANGELO CARCONI/EPA]

Dans une interview accordée à l’animateur Bruno Vespa, le ministre italien du développement économique, Giancarlo Giorgetti, a commenté le projet du leader de son parti, Matteo Salvini, de lancer une alliance européenne d’extrême droite qui comprendrait Marine Le Pen, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le parti d’extrême droite allemand AfD.

« Si Salvini veut travailler au sein des institutions, il doit faire un choix précis », a déclaré M. Giorgetti. « Je comprends qu’il soit reconnaissant à Le Pen de l’avoir accueilli dans son groupe il y a dix ans. Mais former une alliance avec l’AfD n’a aucun sens », a-t-il ajouté.

Ce commentaire marque le dernier coup dans une dispute permanente entre M. Giorgetti et M. Salvini sur l’avenir politique de la Ligue.

M. Salvini est connu depuis longtemps pour sa sympathie envers des personnalités d’extrême droite telles que Donald Trump et le Brésilien Jair Bolsonaro, qu’il a récemment accueilli lors d’une tournée en Italie. Il a aussi activement poussé pour une nouvelle alliance au Parlement européen avec Mme Le Pen, M. Orban, Jaroslav Kaczynski du parti polonais Justice et Droit, et Santiago Abascal, le leader du parti d’extrême droite espagnol Vox.

Il s’est à plusieurs reprises rangé du côté des manifestants contre les mesures strictes de la Covid-19 et semble prêt à soutenir Silvio Berlusconi comme prochain président du pays après Sergio Mattarella.

D’autre part, M. Giorgetti a une longue carrière dans des rôles institutionnels. Il aime l’idée d’avoir le Premier ministre technocrate Mario Draghi comme président après M. Mattarella. Il a soutenu toutes les mesures du gouvernement contre la pandémie et — peut-être plus important encore — il croit fermement que la Ligue devrait s’efforcer de rejoindre le Parti populaire européen.

Le conflit entre les deux partis s’intensifie depuis des mois, mais les derniers commentaires de M. Giorgetti sur les allégeances du parti au Parlement européen pourraient être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Selon des législateurs proches de M. Salvini, l’ancien ministre de l’Intérieur a réagi avec « étonnement, irritation et colère ». Il prévoit d’organiser une assemblée à la fin de l’année à Rome pour discuter de l’avenir du parti.