Le plan de relance européen au coeur des élections législatives italiennes

Giorgia Meloni, candidate d’extrême droite et favorite aux prochaines élections italiennes, a promis aux électeurs qu’elle modifierait le plan européen de relance du pays, récemment approuvé. En cas de victoire, elle utiliserait l’argent pour alléger la facture énergétique des consommateurs.

EURACTIV Italie
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L’Italie a droit à plus de 200 milliards d’euros de prêts et subventions à taux réduit dans le cadre du fonds de relance de 800 milliards d’euros adopté par l’UE au lendemain de la pandémie de la Covid-19. [[EPA-EFE/MATTEO BAZZI]]

Giorgia Meloni, candidate d’extrême droite et favorite aux prochaines élections italiennes, a promis aux électeurs qu’elle modifierait le plan européen de relance du pays, récemment approuvé. En cas de victoire, elle utiliserait l’argent pour alléger la facture énergétique des consommateurs. L’UE grince des dents.

La flambée des prix de l’énergie et le plan de relance de l’Italie ont occupé le devant de la scène dans la campagne des élections législatives du pays.

L’Italie a droit à plus de 200 milliards d’euros de prêts et subventions à taux réduit dans le cadre du fonds de relance de 800 milliards d’euros adopté par l’UE au lendemain de la pandémie de la Covid-19.

La coalition électorale conservatrice dirigée par la députée d’extrême droite Giorgia Meloni a déclaré dans son programme électoral qu’elle chercherait à modifier le plan de relance en cas de victoire, dans un souci d’alléger la facture énergétique des italiens.

« Ce ne peut pas être une hérésie de dire que le Plan national de relance ne peut pas être perfectionné : c’est prévu par la règle », a déclaré Mme Meloni, leader des Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie »), le 5 septembre.

Enrico Letta, leader du Parti démocrate de centre-gauche, ne semble toutefois pas partager le même avis sur la modification du plan de relance.

Le plan de relance national « peut être discuté, mais nous disons “non” aux renégociations. Si nous entrons dans une confrontation avec Bruxelles, nous prenons le risque de perdre de l’argent et des perspectives d’avenir », a-t-il déclaré.

Bruxelles a également laissé entendre que les plans pourraient être « modifiés » pour mieux s’aligner sur l’objectif de s’éloigner du gaz russe. Mais changer les grands principes du plan afin de compenser les factures énergétiques des ménages n’était pas acceptable.

Le règlement établissant une facilité pour la reprise et la résilience (FRR) est au cœur du plan de la Commission européenne pour faire face à la crise énergétique, connu sous le nom de REPowerEU, a déclaré un porte-parole de la Commission à EURACTIV Italie.

Les fonds de l’UE disponibles dans le cadre de cette initiative visent à « soutenir une planification et un financement coordonnés des infrastructures transfrontalières et nationales ainsi que des projets et des réformes dans le domaine de l’énergie », a déclaré le porte-parole. Il a ajouté que 225 milliards d’euros sont déjà disponibles sous forme de prêts dans le cadre de la FRR et peuvent être utilisés pour aider les États membres à atteindre les objectifs de transition énergétique.

Le porte-parole a également indiqué que les responsables européens ont pour cette raison proposé d’apporter des modifications ciblées au règlement de la FRR afin d’intégrer certains objectifs du REPowerEU, que les États membres peuvent ajouter à leurs plans de redressement et de résilience (PRR) existants.

« La Commission a également publié des orientations à l’intention des États membres sur la manière de modifier et de compléter leurs PRR par des chapitres consacrés à REPowerEU », a noté le porte-parole.

La proposition de la Commission est actuellement examinée par le Parlement européen et le Conseil. Une source européenne a déclaré qu’elle serait « plus que certainement » approuvée.

De l’argent pour les réformes, pas pour les factures

Le porte-parole de l’UE a expliqué que les mesures du plan REPowerEU visent à réaliser des économies d’énergie, à diversifier les approvisionnements énergétiques et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables pour remplacer les combustibles fossiles dans les foyers, l’industrie et la production d’électricité.

Cependant, une autre source européenne a précisé que le réajustement du plan de relance à la stratégie REPowerEU ne signifiera en aucun cas que cet argent pourra être utilisé pour aider à compenser les factures d’énergie.

La source a insisté sur le fait qu’il s’agit de fonds européens visant à développer les infrastructures et à aider l’Europe à accélérer la transition écologique, l’objectif ultime étant de minimiser la dépendance aux combustibles fossiles et à la Russie.