Le pouvoir d’achat des Européens à la hausse

Contre toute attente, malgré la faiblesse de la croissance, le pouvoir d’achat des Européens a augmenté en 2014. Faible inflation et hausse des salaires expliquent cette progression.

EURACTIV.fr
. Le pouvoir d’achat en Europe a progressé d’environ 1 % en 2014 en Europe (Credit: [GfK])
. Le pouvoir d’achat en Europe a progressé d’environ 1 % en 2014 en Europe (Credit: [GfK])

Contre toute attente, malgré la faiblesse de la croissance, le pouvoir d’achat des Européens a augmenté en 2014. Faible inflation et hausse des salaires expliquent cette progression.

Selon une étude du groupe GfK, la quantité totale de revenus disponibles des Européens est de 8830 milliards d’euros soit environ 13.112 euros par tête et par an. Le pouvoir d’achat en Europe a ainsi progressé d’environ 1 % en 2014 en Europe.

C’est un résultat étonnant au regard des difficultés économiques que connaissent de nombreux États européens. « GfK mesure le pouvoir d’achat disponible des revenus — la partie principale étant les salaires — et ceux-ci ont légèrement augmenté depuis l’année dernière, au moins quand on regarde la moyenne paneuropéenne », explique Cornelia Lichtner, responsable des relations publiques chez GfK Geomarketing.

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 « De nombreuses grandes industries aux salaires importants, par exemple l’automobile, ainsi que les subventions d’État ont augmenté au cours de ces dernières années. L’inflation a, quant à elle, chuté au plus bas et de façon durable dans de nombreux pays, à l’exception de la Turquie », poursuit-elle.

Pour autant, l’étude ne précise pas si l’augmentation du pouvoir d’achat a un impact sur la consommation des Européens. Selon Cornelia Lichtner, « avec les taux d’intérêt actuels plutôt bas, les consommateurs, en particulier les plus aisés, sont enclins à dépenser plutôt que de mettre leur argent à la banque ».

Tous les États ne sont pas logés à la même enseigne

Cependant, cette étude met en évidence des disparités au sein de l’Europe. Ainsi, on constate un écart des pays du nord et de l’ouest de l’Europe avec les pays du centre, du sud et de l’est de l’Europe. Cependant, ce fossé a tendance à se combler. « Certains pays, comme les États baltes sont en train de rattraper économiquement — mais lentement », précise la responsable.

Sur les 42 pays étudiés, le Lichtenstein est en première position avec un pouvoir d’achat de 54.840 euros par habitant.

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De son côté, la France se situe à la neuvième place dans le haut du classement. Les revenus disponibles en France sont 1,5 fois supérieurs à la moyenne européenne, avec 19.643 euros de pouvoir d’achat par Français. Cela correspond à une augmentation de 0,4 % par rapport à l’année précédente. L’Allemagne, quant à elle, progresse un rang mais précède de peu la France puisqu’elle est à la septième place avec un pouvoir d’achat par habitant de 21.579 euros.

Du progrès en France mais avec des différences régionales

L’étude met également en évidence des disparités au niveau national. En effet, seules deux régions sur 22 ont une valeur de pouvoir d’achat supérieur à la moyenne. Il s’agit de l’Île-de-France (119,4) et du Rhône-Alpes (101,4).

Toutes les autres régions françaises se situent en dessous de la moyenne nationale établie à (99,4). De leur côté, le Nord-Pas-de-Calais (86,1) et la Corse (89,5) sont en queue de classement.

Selon Cornelia Lichtner, la France est l’archétype de l’État centralisé ce qui explique que la capitale et ses proches régions les meilleurs scores font partie des régions les mieux dotées en matière de pouvoir d’achat.

D’après la responsable, parmi les régions, le facteur le plus important pour le pouvoir d’achat élevé est la situation du marché du travail régional. Si les  entreprises attirent les travailleurs et leur payent de bons salaires, cela se reflète dans les niveaux moyens de pouvoir d’achat régional par habitant.

Cependant, il existe quelques exceptions, comme le département des Alpes-Maritimes. « Malgré un taux de chômage de plus de 10 %, le pouvoir d’achat y est supérieur de 7 % par rapport à la moyenne nationale. Cela vient de la popularité de la région qui attire les retraités aisés », explique Cornelia Lichtner.