Le PPE et Renew normalisent l’extrême droite, selon les socialistes
Au Parlement européen, le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) a accusé le Parti populaire européen (PPE) et le groupe Renew Europe de contribuer à la normalisation de l’extrême droite et des relations avec la Russie.
Au Parlement européen, le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) a accusé le Parti populaire européen (PPE) et le groupe Renew Europe de contribuer à la normalisation de l’extrême droite et des relations avec la Russie.
Commentant plus spécialement les gouvernements en Italie et en Suède, les socialistes ont demandé aux groupes affiliés au PPE et à Renew de ne pas rejoindre de coalitions d’extrême droite, car celles-ci sapent les valeurs de l’UE et entretiennent des liens avec Moscou.
« Le problème n’est pas qu’ils soient ultra-conservateurs ou eurosceptiques. Ces éléments font partie du pluralisme politique. Le problème est que le populisme d’extrême droite sape les institutions. Ils utilisent la démocratie pour affaiblir les libertés et les droits », a déclaré Iratxe Garcia Perez, présidente du groupe S&D, lors d’un débat mercredi (19 octobre).
Le groupe S&D a déclaré dans un communiqué de presse qu’il estime que tout groupe coopérant avec l’extrême droite est « coupable de normaliser les opinions extrémistes dans la société et coupable de saper l’Union européenne et ses valeurs si difficilement acquises ».
Ses membres ont également mis en garde contre les risques de voir l’extrême droite prendre le pouvoir au sein de l’Union, et pas seulement au niveau national.
« Ils sont les amis de [Vladimir] Poutine, qui viole les droits de l’homme et encourage les mouvements anti-système en Europe », a affirmé la cheffe de file du S&D avant d’ajouter : « J’appelle le PPE et Renew à revenir à ce consensus pour continuer à travailler pour une Union de paix et de démocratie. »
Pendant la campagne électorale italienne, le président du PPE, Manfred Weber, avait invité les Italiens à voter pour Forza Italia, garantissant son orientation pro-européenne.
Mardi (18 octobre), il a également adressé ses félicitations au nouveau Premier ministre suédois, Ulf Kristersson (Parti modéré de rassemblement, Moderata samlingspartiet), lors d’un point de presse.
Parallèlement, ce mardi, on apprenait que Silvio Berlusconi avait renoué ses liens avec le président russe et que les deux hommes s’échangeaient même de « gentilles lettres » et des bouteilles d’alcool. Les enregistrements de ses aveux, qui, selon lui, remontent à une autre époque, interviennent dans un contexte de négociations complexes sur les ministères et le pouvoir dans le nouveau gouvernement de celle qui sera probablement la prochaine Première ministre de l’Italie, Giorgia Meloni.
Gaby Bischoff, vice-présidente du groupe S&D, a ajouté que le débat a pour objectif de ramener le PPE et Renew à la raison et à mettre fin à leur coopération avec « les partis extrémistes, fascistes et populistes ».
Elle a également attiré l’attention sur le soutien de M. Weber au parti de M. Berlusconi, qu’elle a qualifié de « soutien d’un gouvernement néo-fasciste de sympathisants de [Vladimir] Poutine » et a déclaré qu’il n’y a pas « de bons et de mauvais extrémistes, contrairement à ce que le leader du PPE laisse entendre dans ses récentes déclarations ».
Le vice-président du PPE, Paulo Rangel, a déclaré face à la presse mercredi qu’il considérait les citations de M. Berlusconi comme personnelles, et il a ajouté que « nous avons une confiance absolue en Antonio Tajani » pour défendre les valeurs de l’UE.
Marco Zanni, eurodéputé membre du parti La Lega (la Ligue italienne) et président du groupe Identité et Démocratie (ID), a confié aux journalistes mercredi qu’il est convaincu que « les tensions entre [Giorgia] Meloni et [Silvio] Berlusconi peuvent être résolues et que ce gouvernement, que le parti La Lega soutient, peut débuter son mandat ».
Dans le même temps, Mme Perez et le S&D ont été critiqués par le PPE pour ne pas avoir adopté une position plus ferme à l’égard du Parti travailliste maltais (Partit Laburista, PL) suite à l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia et à la révélation d’une série de problèmes de corruption au plus haut niveau ainsi que pour des problèmes liés à l’état de droit.
Cependant, lors d’un vote au Parlement européen ce jeudi, le groupe socialiste du Parlement européen devrait voter en faveur d’une résolution en 23 points critiquant Malte pour ses dysfonctionnements.