Le PPE pourrait gagner un siège au Conseil européen après les élections au Luxembourg
Le Parti populaire chrétien-social, affilié au Parti populaire européen (PPE), est en passe de détrôner le Premier ministre libéral Xavier Bettel, membre du Parti démocratique (Renew) et pourrait bien diriger le prochain gouvernement après que le pays a opéré un virage conservateur à la suite des élections de dimanche.
Le Parti populaire chrétien social (CSV), affilié au Parti populaire européen (PPE) de centre droit, est en passe de détrôner le Premier ministre libéral Xavier Bettel, membre du Parti démocratique (DP, Renew Europe) et pourrait bien diriger le prochain gouvernement luxembourgeois après que le pays a opéré un virage conservateur à la suite des élections nationales de dimanche (8 octobre).
Selon les résultats préliminaires des élections de dimanche publiés lundi matin, la coalition centriste « Gambia », composée du Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP, Socialistes et Démocrates européens), du Parti démocratique (DP) et des Verts (déi Gréng) et au pouvoir depuis 2013 au Luxembourg, a perdu sa majorité parlementaire.
Alors que les libéraux du DP et les sociaux-démocrates du LSAP ont réalisé des gains plutôt modestes par rapport aux dernières élections de 2018, les écologistes ont été les grands perdants des élections et devraient céder plus de la moitié de leurs sièges au parlement.
Cela signifierait que les trois partis, qui ne disposent actuellement que d’une courte majorité au parlement luxembourgeois, ne seraient pas en mesure de renouveler leur coalition.
Au Conseil européen, l’institution de l’UE qui définit les orientations et les priorités politiques générales de l’Union où siègent les dirigeants des États membres de l’UE, cela pourrait se traduire par la présence d’un nouveau Premier ministre issu de la famille politique du PPE.
Le CSV, parti de l’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, a non seulement obtenu la plus grande part des voix, mais il semble également bien parti pour diriger le prochain gouvernement.
Alors que le parti de centre droit n’a réalisé que des gains marginaux, la répartition des sièges entre les partis restants implique qu’il y a très peu de possibilités de former une coalition sans le CSV. Cette situation s’explique également par les gains réalisés par le Parti alternatif et démocratique de réformes (ARD) d’extrême droite, avec lequel les autres partis ont exclu la possibilité d’une coalition.
Après une décennie dans l’opposition, « l’ambiance est meilleure qu’il y a cinq ans, c’est très clair », a déclaré l’eurodéputé PPE Christophe Hansen, également secrétaire général du CSV, à RTL Luxembourg dimanche soir.
Le principal candidat du CSV au poste de Premier ministre est Luc Frieden, qui a promis un « renouveau » de la politique luxembourgeoise pendant sa campagne, mais qui est lui-même un vétéran de la politique et un ancien ministre des Finances.
Par ailleurs, la chute de la coalition au pouvoir est un coup dur pour la coalition allemande en feu tricolore, qui est composé des mêmes familles de partis.
Ces dernières années, le Luxembourg a souvent été considéré comme un terrain d’essai par son grand voisin, notamment avec des législations telles que celle sur le cannabis ou l’interdiction nationale du glyphosate.
Les deux gouvernements ont également souvent travaillé en étroite collaboration sur la scène politique européenne.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]