Le premier conseil de défense énergétique sous le feu des critiques de l’opposition

Les partis d’opposition se sont montrés très critiques envers l’exécutif sur l’opacité du premier Conseil de défense énergétique convoqué par Emmanuel Macron vendredi 2 septembre à l’Élysée, dédié aux questions d’approvisionnement en gaz et en électricité.

Macron addresses French ambassadors conference at the Elysee Palace
De la gauche à l’extrême droite, les oppositions se sont immédiatement offusquées de cette annonce, déplorant l’attitude du gouvernement. [EPA-EFE/Mohammed Badra / POOL]

Les partis d’opposition se sont montrés très critiques envers l’exécutif sur l’opacité du premier Conseil de défense énergétique convoqué par Emmanuel Macron vendredi 2 septembre à l’Élysée, dédié aux questions d’approvisionnement en gaz et en électricité.

Habituellement réuni pour des questions relevant de la sécurité nationale, le Conseil de défense a été étendu, lors de la crise sanitaire de la Covid-19, aux questions de santé. Les discussions qui se tiennent dans ce « conseil des ministres resserré » ont lieu à huis clos et relèvent du secret-défense.

Lors de ce premier Conseil de défense énergétique, ce sont donc les questions relevant de l’approvisionnement en gaz et en électricité de la France qui seront discutées entre le président de la République, la Première ministre et les ministres concernés par le dossier – dont, évidemment, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. 

De la gauche à l’extrême droite, les oppositions se sont immédiatement offusquées de cette annonce, déplorant l’attitude du gouvernement.

Marine Le Pen, députée et leader du Rassemblement national, demande à la Première ministre Élisabeth Borne la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée pour débattre et voter « les mesures à prendre pour protéger les Français de la crise énergétique ».

Aussi, Mme Le Pen accuse le président de « contourner le Parlement » et fustige une attitude « intolérable ».

A gauche, le député La France insoumise Thomas Portes s’inquiète du fait que « le président persiste dans l’autoritarisme » en utilisant un « outil antidémocratique ».

Pourtant, sur France info mardi dernier (30 août), Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, a assuré que « la transparence est la règle »

Pour les Verts, le député et secrétaire national du parti Julien Bayou reproche au gouvernement d’agir dans l’opacité et d’être « en flagrant délit de défaut d’anticipation », notamment concernant le déploiement des énergies renouvelables, ce qui, selon lui, contribue à la situation actuelle.

Aux critiques des oppositions, le porte-parole du gouvernement a répondu qu’elles peuvent avoir accès à des « renseignements », même scellés par le secret-défense, au sein de la commission Défense du Sénat et de l’Assemblée nationale.

Alors que le géant russe Gazprom a coupé ses livraisons de gaz à Engie jeudi 1er septembre, le porte-parole estime qu’ « on ne peut pas parler de gaz et de crise énergétique sans parler de la Russie et de la guerre en Ukraine »

De ce fait, « des sujets à haute valeur stratégique » seront évoqués au cours du Conseil de défense énergétique, ce qui justifie, selon le gouvernement, que ces échanges soient protégés par le secret-défense.