Le Premier ministre belge démissionnaire veut démissionner

Yves Leterme a annoncé qu’il rejoindrait le secrétariat général de l’Organisation de coopération et de développement économiques à la fin de l’année 2011.

EURACTIV.fr
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Yves Leterme a annoncé qu’il rejoindrait le secrétariat général de l’Organisation de coopération et de développement économiques à la fin de l’année 2011.

458 jours après les élections, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement de plein exercice. Le pays est géré par le premier ministre démissionnaire, le chrétien démocrate flamand Yves Leterme, chargé des « affaires courantes ».

Rien de prévu 

Plus pour longtemps. Ce dernier a annoncé, mardi 13 septembre, son intention de rejoindre l’OCDE à la fin 2011 en tant que secrétaire général adjoint de l’organisation. La nouvelle a provoqué un électrochoc dans la classe politique belge car les négociations en vue de trouver un accord gouvernemental piétinent. Elles sont minées par les tensions communautaires entre francophones et néerlandophones.

Pourtant, avec l’annonce d’Yves Leterme, le temps est maintenant compté. Le départ d’un Premier ministre démissionnaire n’est pas prévu par la Constitution. Un débat entre constitutionnalistes vient de commencer. Depuis le début de la crise politique, les Belges sont devenus experts pour interpréter leur Constitution afin de permettre au pays de continuer de fonctionner.

En temps normal, en cas d’absence ou de maladie du chef du gouvernement, le vice-Premier ministre assure l’intérim. C’est actuellement le ministre des Finances, le francophone Didier Reynders qui occupe ce poste. 

Toujours BHV

L’idéal serait que la Belgique se dote d’un gouvernement d’ici Noël. Le socialiste wallon, Elio di Rupo a été chargé par le Roi Albert II de former un nouvel exécutif, mais il n’arrive pas à mettre les différentes parties d’accord. 

Après quatre mois d’intenses discussions, tout bloque encore sur le problème de l’arrondissement électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV), le même qui avait provoqué la chute du gouvernement d’Yves Leterme en avril 2010. Les partis du Nord du pays souhaitent le scinder alors que les partis du Sud cherchent à préserver les droits de la minorité francophone vivant dans la périphérie bruxelloise.

Grandes divergences 

Une nouvelle réunion doit avoir lieu aujourd’hui. En cas d’échec, il est fort probable que Di Rupo décide de jeter l’éponge.

Même en cas d’accord sur BHV, cela ne donnerait en rien un gouvernement à la Belgique puisque les futurs partis de la coalition devraient encore se mettre d’accord sur la réforme institutionnelle de l’État belge et un programme socio-économique. De l’avis de nombreux négociateurs, repris par la presse belge, les divergences entre partis flamands et francophones sur ces points sont tout aussi importantes et complexes.

Face au pourrissement des négociations et de la crise, l’organisation de nouvelles élections pourrait devenir l’ultime solution. Elles donneraient la possibilité aux nationalistes indépendantistes flamands de l’Alliance néo-Flamande (NVA) de se renforcer.