Le Premier ministre polonais résiste aux appels à renoncer au Fonds européen pour la relance

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a rejeté les appels lancés par le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro pour que la Pologne refuse l’argent du Fonds pour la relance post-Covid si la Commission européenne demande le respect de certaines exigences dans le système judiciaire du pays.

EURACTIV Pologne
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Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a rejeté les appels lancés par le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro pour que la Pologne refuse l’argent du Fonds européen pour la relance post-Covid si la Commission européenne demande le respect de certaines exigences dans le système judiciaire du pays.

M. Ziobro, souvent considéré comme le principal rival de M. Morawiecki au sein du gouvernement, a récemment déclaré que les conditions posées par la Commission pour le versement de l’argent du fonds étaient « des boulets attachés au pied de la Pologne » et que leur respect entraînerait une perte de souveraineté pour le pays.

M. Morawiecki a contesté cette affirmation. « C’est plutôt le fait d’emprunter de l’argent sur les marchés internationaux qui serait un boulet autour de notre cheville », a-t-il confié au Polska Times dans un entretien publié lundi (4 juillet).

« Si quelqu’un me conseille de contracter un prêt sur salaire et d’augmenter le risque économique pour notre pays, je trouve que c’est un très mauvais conseil », a ajouté le Premier ministre.

Il a également déclaré que « ce serait un suicide » pour la Pologne de renoncer aux montants du Fonds pour la relance qui pourraient être consacrés « aux infrastructures, aux subventions aux agriculteurs, au développement rural, à la science et à la recherche ».

Après avoir longtemps refusé d’approuver le plan de relance polonais en raison de préoccupations quant à l’indépendance de la justice en Pologne, la Commission européenne a finalement accepté les propositions du gouvernement polonais en mai.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a toutefois annoncé qu’aucun versement provenant du Fonds pour la relance ne serait effectué tant que la Pologne ne remplit pas toutes les conditions concernant le système judiciaire.

Toutefois, la vice-présidente de l’exécutif européen, Věra Jourová, a déclaré la semaine dernière que le projet de loi prévoyant le démantèlement de la chambre disciplinaire de la Cour suprême, l’une des conditions fixées par la Commission, ne remplit pas les critères requis pour débloquer les fonds et que le premier versement ne peut donc pas être effectué.

M. Morawiecki a déclaré que cet argent est indispensable à la Pologne. « Que nous nous disputions avec la Commission sur des objectifs particuliers, et que le paiement soit effectué en mars ou en juillet est une question secondaire », a-t-il souligné.

Selon lui, si les paiements dépendaient de « critères de fond », l’argent aurait déjà été versé. « Mais c’est la politique qui est un facteur décisif ici […] et c’est pourquoi la Commission retarde les paiements autant qu’elle le peut », a affirmé M. Morawiecki.