Le président Barroso critique la classe politique britannique

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, compte aujourd'hui lancer un appel au Royaume-Uni en faveur de son maintien au sein de l'UE. L'Union contribue à l'économie et au rayonnement britannique au niveau international et les acteurs politiques devraient cesser de tromper leurs électeurs à ce sujet, selon le président de la Commission. 

EURACTIV.com
José Manuel Barroso
José Manuel Barroso

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, compte aujourd’hui lancer un appel au Royaume-Uni en faveur de son maintien au sein de l’UE. L’Union contribue à l’économie et au rayonnement britannique au niveau international et les acteurs politiques devraient cesser de tromper leurs électeurs à ce sujet, selon le président de la Commission. 

Le futur du Royaume-Uni au sein des Vingt-huit est de plus en plus incertain ces dernières années. David Cameron a en effet adopté une position de défiance de plus en plus forte sur certains points, notamment les questions de contrôle des flux migratoires, ceci afin de couper l’herbe sous le pied à l’UKIP, le parti antieuropéen et xénophobe pour l’indépendance du Royaume-Uni.

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La montée en puissance parmi l’électorat britannique de l’UKIP menace les chances au premier ministre d’être réélu en 2015.

José Manuel Barroso, qui arrive à la fin de son deuxième mandat le mois prochain, a mis en garde David Cameron le 19 octobre dernier, lorsque celui-ci a annoncé vouloir revoir les règles de liberté de circulation de l’Union. Le président a ainsi rappelé que ce principe était essentiel dans le cadre du marché unique.

Dans un discours qui paraîtra le 20 octobre, le président de la Commission souhaite même aller plus loin et mettre en garde la classe dirigeante contre une telle rhétorique anti-immigration, qui risque d’isoler Londres de l’Europe et de mettre en péril ses efforts pour réformer en profondeur l’Union.

« Ce serait une erreur historique si sur ces questions, le Royaume-Uni poursuit l’ostracisation de ses alliés naturels d’Europe centrale et orientale, » déclarera José Manuel Barroso devant la Chatham House de Londres, un groupe de réflexion britannique en politique étrangère.

« C’est une illusion de croire qu’un espace de dialogue peut être ouvert si la forme et le fond des arguments que vous mettez en avant remettent en cause son principe même et est une offense pour les autres États membres ».

Mis sous pression par l’UKIP et la frange eurosceptique au sein même de son propre parti, David Cameron a promis que s’il remportait les élections législatives de l’année prochaine, il chercherait à renégocier les conditions d’adhésion du Royaume-Uni avec l’UE et organiserait un référendum pour redéfinir les relations de Londres avec Bruxelles en 2017.

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Le premier ministre a survolé les points qu’il voudrait réformer dans l’UE, notamment en matière de contrôle des flux migratoires, remettre dans le giron national des compétences européennes, enfin réduire la bureaucratie qui pèse sur le milieu des affaires. Il n’a pas donné davantage de précisions. D’autres partis appellent à des réformes, mais il n’existe pas pour l’heure de consensus quant à la stratégie de renégociation.

L’UE, un avantage décisif pour la société britannique

José Manuel Barroso annoncera également que bien qu’il comprenne les inquiétudes des électeurs vis-à-vis de l’Europe, le Royaume-Uni tire profit des autres États membres sur certaines questions majeures de géopolitique, telles que les négociations sur la lutte contre le changement climatique, ou encore en ce qui concerne les sanctions contre la Russie.

« En bref, le Royaume-Uni peut-il s’en sortir sans l’aide, aussi mince soit-elle, de ses amis ? Ma réponse est ‘probablement pas’ », compte-t-il dire.

La semaine dernière, David Cameron, qui a avait à plusieurs reprises affirmé qu’il voulait le maintien de son pays au sein de l’UE, mais que dans le cas où celle-ci est réformée. Ainsi, le résident du 10 downing street a indiqué que sa tentative de renégociation serait la dernière, tout en reconnaissant qu’elle se solderait peut-être par un échec.

Le président de la Commission pointera du doigt lors de son discours les différents partis au sein du paysage politique britannique pour leur manque d’honnêteté auprès de leurs électeurs notamment sur les avantages qu’apporte l’adhésion du pays à l’UE, mais aussi pour leur manque de volonté à s’attaquer à l’euroscepticisme.

Il exhortera les dirigeants britanniques à souligner les points positifs que représente le maintien du pays en Europe, afin d’éviter un rejet lors du référendum britannique.

« Si les gens lisent du lundi au samedi seulement des informations négatives et souvent fausses dans les journaux [au sujet de l’UE], vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’ils accrochent le drapeau européen le dimanche », conclura-t-il lors de ce discours.